UN ESSAI DE SYNTHÈSE SOCIOLOGIQUE 80 Yéritable mode de la formation ou de la distribution des richesses! Du haut en bas de l'échelle, depuis le saYant, dépaysé en économie sociale, jusqu'à l'ignorant ayant retenu de ·ses lectures quelques bribes de la langue physiologique et qui, lui, se meut ai ément partout, nous avons été inondés de doctes dis. ertations sur la diYision d·u travail et des fonctions économiques, comparées à la diYision des fonctions physiologiques ! Et dans le domaine politique! En Allemagne, presque to11sles manuels de biologie se terminent par un rapide coup d'œil sm*les phénomènes sociaux et les sayants officiels y démontrent que l'hégémonie prussienne est de droit scientiûque, la constitution impériale de l'empire germanique ln constitution la plus parfaite qui ait jamais existé! Ainsi étudiée, la sociologie aboutit à des constatations qui ne sont guère inférieures à celles de nos hommesd'Etat, dont la méthode consiste simplement à ne pas en avoir du tout, à diriger l'action sociale au gré des inspirations de l'heure et des circonstances, - conformément, bien entendu, aux petits intérêts des hommes au pou-voir,qui cl 'ailleurs ne saisissent pas toujours nettement les yéritables intérêts de leur parti ou de leur classe. Il est vrai que l'instinct de conservation, dont les peuples, les classes et les parti~ sont doués, au même titre que les êtres organi és, corrige souYent ce que l'inspiration ignorante des gouvemants pourrait avoir de conséquences .désastreuses. Il y a longtemps qu'on l'a dit : la nécessité est l'école des peuples autant que celle des indiYidus. C'est sous l'impulsion des nécessités vaguement ressenties au fond de la conscience encore rudimentaire des groupes primitifs, que ceux-ci ont éYolué. Et, en somme, comme l'instinct de conservation est tenace, qu'il est d'autant plus perspicace chez certains individus, que leur inconscience même les soustrait aux difficultés de déterminations raisonnées dont la multiplicité serait souvent un obstacle aix: résolutions salutaires à prendre, il est arrivé que les peuples ont adapté, pour le mieux:, leurs conditions de développement aux nécessités impérieuses qu'ils subissaient sans trop s'en rendre compte. Mais à mesure que s'accroît, par le perfectionnement de l'organisme, la complexité des conditions de la vie sociale, celle-ci nécessite des déterminations raisonnées de plus en plus multiples et, bien que l'influence personnelle des hommes d'État soit loin d'avoir sur l'évolution humaine, l'importance qu'on lui attribue, il devient de plus en plus indispensable que les gouyernants substituent une méthode scientifique à la méthode empirique, aveugle, souvent à contre sens, suivie jusqu'à. ce jour. . Le livre de de Greef vient donc a son heure : cl ·une part, il arrêtera les physiologistes imprudents dans leur manie de généralisa-
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