88 LA REVUE SOCIALISTE Yaincu, à placer son auteur au p1·emierrang des sociologues contempo1·arn:-;. Certes, depuis une Ying·taine d'années, sous l'influence d'Auguste Comte rébabilitè et cl'IIerbert Spencel' plus répandu, grêlce aux progrès imporian ts effectués dans les sciences naturelles par la Yulgarisation rapide des doct.eines transformistes, un gL·anclnumbre clc sayants ont abordé l'étude cles phénomènes sociaux et sapé la cl'oyance générale que ces phénomènes, parce qu'ils sont cl'tmc nature particulière très complexe, échappent aux loi::;et aux classifications 1·igom·0usescle la science. En rrintégrant l'homme, ses or·gnnes et :--esfonctions, clans la phénoménalité normnle de tous les ètr0s organisé:-;, les nouye1Jes clocti·ine::-scientifiques ont du même coup 1·amcné les manifestation:-; cle la Yie sociale à leu1· nature prop1·e et comblé la solution ile continuité qui séparait,, ayant, cette catégorie cle phénomènes spéciaux <les phénomènes ordinaires. Mais en dehors d'Auguste Comte, de Spencer et de Schœfflc (1) (qui n'a pas été encore traduit en français), il n·y a pas eu, à proprement parle1·, cle tentaiiYo sy:-;térnatiquepour coo1·donner les éléments cle la science nouYelle, déterminer une classiOcation précise et une hit;rarchie rigoureuse des faits. Bien mieux : les exctm,ions fréquen1es des physiologistes dans le domaine de la sociologie ont plutôt obscurci qu'éclairé cette science onco1·eà ses débuts, parce que, trop souvent, ces sa-rnnts ont appliqué à leurs recherches sociologiques les procédés de la science physiologique. L'aualof!Ïe conduit parfois à des résultats féconds; souyent, aussi, elle induit en erreur ceux qui s'y adonnent trop exclusivement, quanil il s'agit de l'explication de phénomènes dissemblables. Un proy01•be banal, profond comme tous les aphorismes vulgaires, dit excellemment : Comparaison n'est pas raison. Les physiologistes ont trop souvent raisonné par comparaison et confondu l'objet des classifications sociologiques aYec celui des classifications biologiques. Sans doute, la biologie est le support indispensable cle la sociologie, comme la chimie est l'auxiliaire immédiat de la biologie; mais de même qu'ou ne saurait expliquer les phénomèmes de la vie par les seules combinaisons chimiques, de mèmo les physiologistes qui ont Youlu déteeminer les lois sociologiques par les lois cle la biologie, ::;osont exposés a cles erreurs grossières et à des formulations arl>iti-ait·es clotonte :-;01·te.Que de fois nous ayons ou à <léplorer l'insuffi:-;antop1·éparation de sayants, d'ailleurs recommandables dans leur spécialitt\ et qui, fourvoyés, dans le domaine de l'économie politique, par exemple, se liYraient à de puériles diYagations sm· le (t) Et de Charles Letourneau qui a démontré l'existence de la sociologie comme le philosophe grec démontrait le mouvement.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==