752 L.-\. HE\.UE SOCI.-\.Ll:3TE Jicrs, pour J'appùt, d'un triste salaire, d'un maigre gain? Est-ce r1uelques sous de plus par moi,, qui font, da,·anlagc bouillir la marmite YLe père doit-il escompter d'ail leurs de telles ressources? E,;t,-cc que c'est 1:1 son rûle? De q ucl droit e~qui1·c-t-il les rc!Sponsahilites qui lui appartii:noenLY Il doit aide, protection à ses enfants, il leur doit l'a~ilc, la nourriture, l'instruction, et il ne doit espérer pour plus tard Je respect et l'affection de ses enfants qu'autant, qu'il se sera montré dig,1c et bon envers eux. Le père qui man,1uc à ses de,·oirs n'a aucun droit, sur le~ siens dans l'a1·eoir. L"i•goïsmc est le vice le plus houteux. Dans l'état actuel des choses, malheureusement, c:e Yice trou,e pou1· se dé,·elopper un terrain de,; mieux propices. La généraliLé des hommes se lasse vite tics déceptions de l'cxi~tence, espère alol's, en virnnl à l'éc:irt, traq1illcr avec succès à se calfeutre!' un a,·enir exempl cl'iu,1uiéLu<lcs et, de soucis. Comme tous les Yiees, celui-ci s'ag-gra,·c avec l'ùge. li est. rare de trou,·cr des vieillards indulgents. Pal'fois ils haïssent la jeunc:;sc par une sorte de jalousie rétrospccti,·c, le plus :;ou,·cnt, ils se désintéressent par rgoïsmc et leur misanthropie s'étend jusqu'à ceux issus de leur propre chair. S'ils s'estiment heureux, comme ils jugent a1·oi1·chèrement payé leur bonheur relatif, ils lP défendent fiorocemcnL Toute douleur des leurs ne leur ,·r,uscra qu'un ennui spécial et caractéristir1uc, la crainte de ,·oil· leur repo; troublé, et ils feront, le possible pou1· sau,·cga1·der leur félicité sans nuages. C'est. cc qu'aurait pu développer, dans .Vaujl'C1ge d'arnow\ l\J. Elzéar<l H.ougier, lorsqu'il nous montre le pi·re Bercy presque indifférent à la mort, <l'llélc11csa flllc. Il pourrait, rependant, a,·oir quelques remord». c•e~t, bien lui 11uia étl! la <'ause de loutc cette navrante e,\.istcnc-e. Pourquoi n'a-t-il pas dil'igé la tcnd1·e et mystique enfant., pourquoi ne l'a-t-il pas mise en garde contre les séduct.ion;; du lwll:Hrc qt,i la perd? Tout simplement par égoï,,me. JI aimait sa fille, oui, à ,·onclition que cet amour ne dén~ogeât pas se:Shabit,udcs, ses manies. Teutc-t,.il de l'arra,·hcr à l'infâme maison où, de chute en chute, clic est ,·enue s'é<'houer et où clic ne rencontre que par hasard le sourire ami d'un brase g:ll'<;on qui Lente eu ,·ain de la sauver? ~I. Elzéar<l Rougier nous dit en sa préface qu'il raconte une histoire 1Tnic. Nous n'en doutons pas. Si expert que nous l..!connaissions en matières féminines, il ~- a de ce1·taines choses qui ne s'inventent pas. Son livre, pour un peu qu'il soit d'allures romantiques -- la visite au eadaue rappelle telles pages de 18:J0- est. d'une l>iendouloureuse réalité. Une chicane. Pourquoi M. Elzéard Rougier nous dépeint-il si tristement, le leudcmain d'une chute amoureuse. Ne sait-il pas au contraire que la femme a généralement uuc joie profonde de s'être donnée. Aristote a été le premier à remarquer ce fait, que la femme n'est point triste après l'acte et. il ajoutait, que parmi les Nres elle était à cc propos presque l'e:-.ccption. Je ne puis dire la comparaison assez irrespectueuse dont il se servait. ~J. Lilo Trézenik doit penser rom me nous, que bien des vices disparaitraient par le fait d'une éducation moins sotte et wa.iment, rationnelle. Cc qu'il fait dire à ~la rie-Joseph Dancy, le fou de la Confession d'un fou. est absolument raisonna.hic à cc propos. « Cc que le collège m'a pris et, ce qu'il m'a <lonné? Ah! c'est bien limpide. CeUc e:-.péricncc est à la portée de tout le monde. La première fois qu'on louc:hc une sensitive clic ferme ses feuilles et, replie ses branches le long de sa tige : la diJ.,ièmc fois elle n'a déjà plus que de petits tressaillements, la vingt-cin<1uième fois, elle est inerte. Je crois que j'ai été cette sen~itivc. J'avais, a.u fond, une nature affectueuse, toute prête aux épanchements. Je n'en ai
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