MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 7U M. Grillenbcrger réclame l'institution de Reieh-sarbeitsaml qui s'occupent tous, dans l'empire, des questions ou\'l'ièrcs. Il est d'accord avec l\I. l\Iiqucl sur le danger de régler les salaires des jeunes ouHicrs. Il conteste l'immoralité des classes ouvrièrùs et termine par une virulente critique contre le régime des deux poids et des deux mesures qui règle les litiges entre patrons et ouvriers. C'est <l'après ces précédent;; qu'on Yeut encore restreindre et édicter des pénalités contre le droit de coalition. Le vrai progrès consistera à créer une législation uniforme dans tous les ELa.ts de l'Allemagne. L'orateur ajoute que la loi actuelle e t seulement un commencement, que la protection doit être étendue aux ouuic1·s de la petite industrie, du commerce cL de l'agriculture mèmc, n'en déplaise aux membres agraires de la droite. Ce discours a produit une grande sensation et a été couvert de vifs applaudissements, Lor que l\l. Grillcnbcrgcr a déclaré que les socialistes doivent réclamer pour les ouvriers une libc1·té d'action absolue. Discours cle Lieblmechl sur le p1·ojet de loi m.ilitafre. Je ne Yeux pas me prononcer sur la partie tcc-lmiquc militaire de la présente discussion; les connaissances n{•ccssaircs me manquent. Je sais que l'on tend à l'économie. !\lais &i l'on approuve le militarisme, on ne pourra jamai a scz dépem,.cr pour l'entretenir. Le feld-maréchal comte de l\Ioltke a, par son di,-,cours sur le projet, donué les plu forts argument;; coutre lui. JI a dit que les goll\·crncmcnts avaient des intentions pacifiques ainsi que la plupai·t <le peuples. D'où donc alors pourra \·enir la rupturn de la paix 't Dan le projet lui-mèmc on ne donne aucun motif sérieux; car, que les autres États nous aient dépassés, cola ne pr0U\'C pas la nécessité rlu projet; il y a en l'C moment une émulation à l'infini qui fait mon Ler les dépenses militaires jw,qu'.\ une hauteu1· Yel'ligincuse. L'émigration qui e-'-istc en Allemagne est surtout cau,éc pat· les exigcn<'es du militarisme contre les forces YÎ\'CS tlu peuple. Or, les demandes énormes exigées pour nos projet militaires sont a.ttc tées par les chiffres que "I. Richter vient <le vous citer. Eu 1887, on disait: nous ne pou\·ons nous sauvm· que par le septennat, et maintenanL l'on \'Oit que la France nous dépa:.se a\·cc son armée parlementa ire! La prochaine gucnc se fera sur une énorme propol'lion, nous n'en douions pas; il y aura dans C"ette guerre beaucoup plus de combattant qu'il n'y en avait alors et « saigner à blanc " sern la soluLion <le la question; on versera du sang jusqu'à cc <JU" la chair dc\·icnnc blanche; c'est juste, mais le sang coulera de tous côtés, aussi bien thez les Allemands que chez les Frnnc;ais et les Russes. Je n'ai jamai-s demandé la guerre coutre la Russie, mais seulement la protection des Allemands en Russie et je suis d'avis que si l'Allemagne l'arnit 1·oulu, jamais la Russie n'eût pénétré en Turquie. Cela ne vous aurait pa coûté un coup de fusil. Le marché argent allemand aurait pu rester fermé à la Russic. Au lieu de cela, nous nous sommes laissés jouer par la Russie à toutes occasions. !\Jais il est vrai que la France est une démocratie et que la Russie est le pays du knout, ce qui a toujours fait sympathiser nos gou,·ernants avec cette dernière puissance. Les forces <les deux grandes nations de l'Europe sont épuisées par le militarisme et cet état lamentable fait de la Russie l'arbitre de la situation. Tel est le résultat de la politique bismarckienne, car sans la division et la lutte de l'Allemagne en 1866, la guerre de 1870 n'aurait pas eu lieu. L'Alsace-Lorraine se trouve placée entre l'Allemagne et la France. Je ne oeuœplus parler de l'annexion. - Aucun État n'a droit à un territoire, les populations ont
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