La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

L\ IU~\-UE :::iOCI.\USTE ,eules le 1l1·nit de d,:l'ider·. Si les f)l'inl'ijle-, rlémol'rntirzues a,·,·icent à t1·iompl,e1· <l(111-t,e, ,leu.r pays, e,i Fl'a!ll'C et en . lllemagne, alol's la que~tion d':l/:,((( e-Ll)l'l'rtine rlispw·<tit,·a d'elle-méllle. Sous le ré•gime du prin,·e de Bi:sm.:u·ek, nous n'axons pas eu un moment de repos. J'.:,Ta~cnwut de l'oppo:,ition à l'iutérieu1· et proYocations et coups de f.,n;e <liplomaLiqurs ù l'extérieur! La majorité du peuple alleman I a été• traitre d'ennemie de J'i'.:tat, et clic Yicnt d'rnt,·cr en mas,-c dans le Reich:stag. Les socialistes, les libéraux, le ccnirc, les démocrates, les Polonais et les Guelfes: tous ont été traités d'ennemis <le l'État. N'est-ce pas une honte d'en ,·cni1· à <le telles accusations 1 La ucccssion du princ·c de Bi::.marck c<;t diffieile c~ j'admire ceux 11uil'ont rcrueillio. - lllais cependant elle est facile en ceci , 1ue, sous Je régime bisnrn.rckicn, personne n'dait satisfait et la grande majorité de la nation allemande a été soulagée quand Bismarck est parti . . . . . . Pour mettre à exécution les projets socialistes, il est nécc!-saire de maintenir la paix. ~Jais le militarisme rend difficile le maintien de la paix. La eon,·ocation d'un congres international dans <·e but est néce,,saire. Le congrès ouHicr i11ternational a plus fait pour maintenir la confiance dans la paix parmi les peuple<; <1ue toutes les autres mesures. Si l'empire allemand a1Ti,·e à e;ettc trê,·e, il pourra dire avec raison qu'il mar<.:hc à la tête de la civilisa•ion. Le c·ornte de llloltkc a parlé des classes e11Yicuses et il a rnulu ainsi désigner les ouuicrs. S'il avait (•té présent au c·ongrès international ou,-ricr, il n'aurait pas prononcé ces paroles, !'ar il y aurait 1·u que les tra1·aillcurs Yculent la solution de la <1uestiou sociale par des mo)·cns légaux, qu'il,; veulent la paix, parce qu'eux en première ligne ont ù :soutenir le fardeau de la guerre. Les chauYinistcs seuls eu .\ll<'magne et en France voulaicut la guerre, mais le peuple les a jugés, et n'en a cnYoyé i('i que quel- •1ucs-uns pour rnnir nous raconter leur défaite. La guerre est le plus grand crime conLl'e l'humanité, d'autant plus grand qu'elle est faite avec des moyens plus perfedionnés. )fous Yotcrons contre le projet.; nous nous trouYons d'a!'- c·orù a,·ec no<;Nec leurs, car le jut'.cmcut du 20 fénicr était: A bas Bismw·d, ! et maintenant il signifie: A bas le mililcwisme ! SUÈDE '.ET KORYl~GE Le sufrrage 1.mive1·sel. - Dans les pays scandinaves, le mouvement démocratique prend la forme d'une agitation croissante en faveur du suirrage universel. En Suède, le capitaine Mankell, membre de la Diète, a pris en main la cause des lléshfrités de la politique, et organisé une série de meetings populaires, qui votent invariablement des résolutions plus ou moins « subversives » avec la certitude de les voir enterrées sans discussion par les conservateurs et les libéraux coalisés contre toute innovation radicale. Ainsi que l'a dit M. ;\fankell lui-même, présentant à la Chambre un projet <leloi accordant à tout Suédois àgé de 21 ans le droit de suffrage, cette question est surtout une question de force; et l'apôtre du suffrage universel ne se dissimule pas que les champions du parlementarisme sont encore assez forts pour opposer aux revendications du prolétariat un non possiimus catégorique. Naturellement, la propo-

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