ï:iü L.\ HEVUE SOCIALISTE 4• A l'llison d'une incapacité tempo1·airc du travail, il sera alloué, pen<lo.nt la durée de cette incapacité, une indemnité de G;; 0/0 du salaire journalier. Ces in<lcmuités seront dues ù partir du lcn<lemaiu du jour où l'accident s'est produit. ALLEMAGNE La 1:n·oleclion,du travail (projet de Guillaume II). La critique éloquente de ce projet gouvernemental ne s'est pas fait attendre. A la séance du Heichstag, M. Grillenberger, député socialiste de Nuremberg, a parlé pendant deux heures pour démontrer que le contre-projet déposé par ses amis pouvait être appliqué sans porter atteinte aux bases actuelles de la société. li exprirne l'e,;poir que la législation destinée à protéger les classes ouwièrcs abouti..a cette fois. Les rescrits impériaux du 1fél'l'icr prouYent, dit-il, que l'on commence à admettre les justes revcnclic·ations des ou,-ricrs. Les décisions prises par la conféren<"<'internationale ouYrièrc de Paris ont eu aussi une grande iuflucnr·o sui· la réu»site de la conft'•rence de Berlin. i\l. Grillcnbe1·ger estime qu'on ne saurait refusrr de parti pris l'examen des prupo~itions <les socialistes; le projet de loi relatif à la protection à ac<'o1·de1· aux C'!nsscs ouvrières, <1uïls ont élaboré, ne !.en·ira qu'à indi'luer comment ils entendent mclt1·c à exécution certaines reveullications justifii•cs, eu prenant pour base l'ord1·c sor·ial existant. Lrs rc,-rrits impé1·inux ont été bien ac·cueillis par les sociafo,tcs; cependant, l'inllucnr-e tic la grande indu,-tric s'est fait sentir. Le projet du gou,·crncment est dt'•jà un progrés réel. Aussi les socialistes ne rrpoussent pas une entrntc si la commission accepte des amendements. L'ol'lltcur fait une critique serrée et 1'.•lo11uentedes contradi.:tions, des demimesures du projet du gou,·crmcnt. Il moulrc qu'il élude les principales promcs,-cs des rescrits iOlpériaux au sujet de la fixation !(•gale de la journl'C de dix heures telle qu'elle a été adoptée au congrès d'Olten, puis prog1·cssi,·cmcnt une rédtH.:tion ultérieure parfaitement réalisable grùcc au pcrfectiounemcut de l'outillage industriel. L'.\utriC"he <'t la !-.uis,;e ont fait des pro~rcs en cc qui concerne la journée nol'malc de trarnil, et il est regrettable qu'il u'en soit pas de même en ,\llen1n~nc. La journc'c maxima ùc l,ra,·ail proposi•c pour les ou,Tièrcs est insuffh,ante. ::\I. de i\foltkc a tort de parler des exigcuccs des classes ounièrcs, car c'est la passion des bénéf1C'esc-hez les patrons qui trouble la paix sociale. L'artif'lc relatif à la liberté de coalition est une preuve que celte influence des patrou» ne 'est pas cxe1·ci·e en Yain, et beauroup de point,; <'ontenus dans les rescrits ont été éliminés. Le projet de loi contient beaucoup de choses acceptables concernant les installations des manufactu1·cs et la moralité; mais, par c-ontre, les passages relatifs à l'égalité des droits laissent beaucoup à di•sirer. A l'expiration d<' la loi contre les socialistes, ajoute i\I. Grilleoberger, ceuxci ont l'iutcntion de se réunir en congrès à Berlin, si le gouveruement les y autorise. Là, les industriels seront iuvités et nous lem· prouverons que ce ne »ont pas eux qui ont besoin de protection.
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