La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

7m LA RE\"UE SOCI.\LISTE LATRADITION I DO-EUROPÉENNE ET LES PRÉTENTIONS JUIVES Je comparerais volontiers la tradition indo-européenne à un fleuve dont le point le plus rapproché de sa source est représent é pour nous par le Rigveda, cette Bible de notre race; considérablement grossi dans l'antiquité classic1ue par ses affiucnts gréco-romaius, il traverse pendant quelques siècles l'aride désert du haut moy en âge, où il perd la meilleure partie de ses eaux; mais il retrouve enfin un sol plus favorable et des rives plus fécondes; de nouveaux tributaires lui anivent <le tous côtés, et l'Europe moderne peut le contempler majestueux, rapide, immense, entraînant superbement sur ses flots profonds le navire qui porte la civilisation et sa for tune. Ses eaux limpides, contaminées à certaines époques par des infiltrations sémitiques, n'en sont p:;i.smoins rP-stéesbeaucoup plu s pures qu'on ne le suppose généralement. Dans tous les cas, les alté rations qu'elles ont pu subir n'ont pas suffi pour en dénaturer l'esse nce, et c'est en vain que ceux qui les ont souillées vouùrnient se p révaloir de ces souillures mêmes pour affirmer qu'ils nous ont trans mis par là, avec leurs traditions à eux, l'esprit quÎ les anime et les conséquences qu'elles impliquaient. Il est temps de reprendre, contre une assertion dont l'inexact itude n'est égalée que par le sans gêne de ses auteurs, les protes tations, <1u'ondirait prescrites, de la philosophie du xvm• siècle. Seu lement, tandis que Voltaire et les encyclopédistes faisaient flèche de to ut bois et se préoccupaient davantage de la légitimité du but que du bon aloi des moyens, nous pouvons, grâce aux armes que la science moderne a mises à notre service, revendiquer notre patrimoine dans des conditions de lutte plus loyales et plus avantageuses qu 'autrefois, et mettre fin c1·unemanière définitive à une confusion qui dure depuis trop longtemps entre le tien de la race aryenne et le mien des descendants de Sem.

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