La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LES TROIS-HUIT ET LA THÉOHIE DU TRAVAIL INTENSIF 715 Pour sortir de ce _labyrinthe sans issue, chercherez-vous à bouleverser, par une révolution violente, une société que vous accusez avec justice de traiter inégalement ses enfants, donnant trop aux uns et pas assez aux autres? Sans doute, ce serait une solution; mais est-il sûr que ce soit la bonne? D'abord, le capitalisme est bien armé, vous pourriez n'être pas les plus forts, et, d'ailleurs, la masse n'est pas prête à vous suivre. Que faire? Nous n'avons pas la prétention de le savoir, et nous n'avons pas sous la main une panacée toute prête pour vous l'offrir. Nous voyon tout bonnement une pierre d'achoppement au beau milieu de votre chemin, et nous vous la signalons, comme c'est notre devoir. Vous donner un conseil, nous n'avons pas qualité pour le faire; mais si nous avions quelque espoir d'être écouté, nous vous dirions qu'au lieu d'aborder la production par une réglementation de détails sous lesquels vous serez infailliblement submergés, il serait préférable d'attaquer le mal dans sa racine. Ce qui fait l'infériorité du prolétaire, c'est d'être obligé d'escompter contre un salaire aléatoire la plus-value que son travail ajoute à la matière. Supprimez cet escompte forcé et usuraire, l'ouvrier se trouvera matériellement en situation de résister aux exigences de l'employeur, et il aura voix délibérnti ve dans la fixation de ses heures de travail. C'est un changement dans le systèmederépartition?-Sans doute! Vous demandez bien un changement dans le système de production; l'un n'est pas plus révolutionnaire que l'autre, et nous croyons fermement que c'est de ce côté qu'il faut chercher la solution. PAuL Bo1LLEY.

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