ï12 LA JŒ,'UE SOCL\USTE du prix de revient, qui ne pouvait qu'amener une réduction du prix <levente. Aussi, depuis cinquante ans, les produits de manufacture ont diminué; par contre les denrées alimentaires ont hau,;sé, parce que l'agri,:;ultme est restée conflnée clans ses habitudes routinières et qu'elle n'a suivi que de très loin le pl'ogl'ès industriel. En somme, ce qui est vrai, c'est que, d'une façon générale, le bon marché des pl'oduits est en raison directe de la perfection de l'outillage,. de la division du travail plus intelligemment faite et de la réduction au minimum des frais généraux. On espère c1ucl'intensité pourra, à elle seule, remplir toutes ces conditions; nous allons voir que c'est une illusion, et, pour cela, nous n'avons qu'à constater le nombre de cas extrêmement restreints où cette intensité peut se produire. Est-il vrai que l'ouvrier attaché à une machine est, en quelque sot·te, l'esclave de cette machine; que c'est elle qui règle son activité et qu'il doit, sous peine de réprimande ou de renvoi, faire en sorte que le rendement se maintienne dans des conditions parfaitement connues de quantité et de qualité? Si oui, quelle que soit la bonne volonté de cet ouvrier, il lui sera matériellement impossible de développer la moindre intensité qui lui soit personnelle, il ne pourra jamais que suivre les évolutions de sa machine. Dites à l'équipe d'ouvriers qui conduit une rotative l\Iarinoni de doubler dans le même temps le tirage d'un journal; on vous rira au nez; mais que cette équipe s'avise de laisser tourner la machine sans l'alimenter, et de mettre à ce tirage le double du temps nécessaire, on verra si l'entrepreneur n'y mettra pas bon ordre ! Inutile d'insister sur des exemples qu'il serait facile de multiplier à l'inflni. D'un autre côté, est-il vrai que l'ouvrier aux pièces, soit qu'il travaille à la main, soit qu'il conduise une machine, donne déjà le maximum d'intensité que permet la nature de son travail? - Il nous semble que l'on est d'accord sur ce point et qu'il n'y a pas à y revenu·. Or, ces deux modes de travail, aux pièces et à la machine, comprennent la presque totalité des travailleurs d'industrie. Les industries textiles, sidérurgiques, mécaniques etc., font tra-. vailler leurs ouvriers aux pièces ou à la machine, et le plus souvent cc dernier mode de travail se combine avec le salaire aux pièces. Dans l'industrie minière, dans l'industrie du bâtiment, où le plus gros <lutravail se fait à la main, tout ce qui peut être payé aux pièces ne manque pas d'être soumis à ce genre de rémunération. Les ouvriers et ouvrières occupés aux vêtements, à la cordonnerie, aux mille bibelots désignés sous les noms d'articles de Paris, de
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