La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

7IO LA REVUE SOCIALISTE On met assez souvent le m,achinisnie sur le tapis pour qu'il ne soit pas indifférent d'étudier, en dehors <letoute prévention, . on action ,·éritable, <JUiest beaucoup plus simple qu'on ne le pense. Sous peine <l'ètre vicieuse, toute machine est construite pour produire son maximum d'effet utile. On ne serait pas fondé ~t objecter qu'il suf!lt d'augmenter sa vitesse pour qu'elle produise davantage. La machine le pouuait peut-être quelquefois, mais la matière ouvrable ne se p1·ête pas si facilement à ce tempérament et ne permet pas <le dépasser certaines limites, au delà <lesquelles il n'y a plus t,·ansformation, mais bien détérioration de cette matière. Le nombre d'évolutions que doit accomplir une machine-outil est calculé d'avance avec p1·écision, en vue de l'effet à rendre. Les Yitesses peuvent sans doute être accélérées ou modérées, mais c'est uniquement pou1· proportionner l'effort aux variations de la résistance. D'autre part, la logique et l'intérêt ont naturellement porté le mécanicien et l'industriel à se rapprocher le plus possible de l'extrême rapidité <le production. C'est même ce qui différencie les machines entre elles, et les perfectionnements mécaniques, qui ont si souvent pour conséquence un changement complet et dispendieux d'outillage, ne visent jamais un autre but que l'amélioration du produit en fonction de la vitesse. Il n'y a pas à sortir de cette loi, qui n'est pas une loi <l'équilibre, mais une loi de mouvement progressif. Laminoirs, métier , outils, engins <le toutes sortes destinés à tordre, étirer, trancher, marteler le métal et le bois; à filer, à tisser les textiles; à imprimer, graver, modifier la matière de mille manières différentes, tous, sans exception, ont une marche réglée d'avance, une sphère <lemouvement dans laquelle ils tournent aveuglément avec une rigidité inconsciente et immuable. L'ounier ne fait rien autre chose que <le mettre en mouvement ces organes de fer et d'acier, de veiller à leur fonctionnement normal et <le les alimenter régulièrement de la matière c1u'ils doivent transformer. Là :;'arrête sa coopération active. Tout cc qu'on pourrait de111an<ler,c'est que, par une diligence exceptionnelle, il mît le plus grand soin à ne pas négliger un instant sa fonction, et, comme on dit en termes de métier, à ne pas laisser tourner sa machine ù ùlanc. E-,t-ce sur cette diligence seulement qu'il nous faut compter pour trouver l'intensité ccnipensatrice? Alors, qu'on nous explique comment l'ouvrier s'y prendra pour la développer. N'est-il pas de la dernière évidence que, si vous faites fonctionner huit heures au lieu <le<lou:.i;edes machines dont la vitesse doit rester

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