LES TROIS-HUIT ET LA THÉOI1IE DU TRAVAIL INTE SIF 700 ou paradoxale; contentons-nous donc de la YOirtelle qu'elle est, sans lui prêter des verttts qu'elle ne saurait avoir. Tâchons maintenant de déterminer le Yéritable champ d'action de l'intensité, et jetons un rapide coup d'œil sur notre organisation économique. En dehors du travail intellectuel, dont il n'y a pas lieu de s'occuper ici, qu'est-ce que le travail en lui-même? Rien autre chose qu'un eITol't phy. ique de l'homme, ayant pour but final une transformation de matière. Naturellement, cet eff01·t est toujours accompagné <l'une dépense plus ou moins grande d'intelligence. L'homme attaque la matière soit simplement avec ses mains, soit,· et c'est le plus fréquent, avec l'aide d'un outil. L'homme, dans ce cas, est tout à la fois force motrice et régulateur de l'outil. En second lieu, on voit l'homme attaquer la matière non seulement aYcc un outil, mais encore avec le secours d'un moteur pris hors de lui-même : vapeur, air, eau, gaz, électricité, ou tout autre agent de mouvement animé ou inanimé. On va voi1·bientôt que celte classification est beaucoup moins oiseuse qu'elle pourrait le paraître à première Yue, car elle déterminera aYec précision le terrain oü l'intensité pourra se développer. Une partie du travail de l'industrie du bâtiment, des mines, de la métallurgie, de l'agriculture, tout ce qui est désigné sous la rubrique de travail à la mct'in, roule sur la diYision oü nous aYons représenté l'homme comme moteur personnel de son outil. Toute la production industrielle, ou à peu près, roule sur cette autre catégorie de traYail, où l'homme est le régulateur intelligent d'un outil actionné par un moteur pris en dehors de lui-même. Faut-il admettre que l'homme, considéré comme moteur de l'outil dont il se sert, peut dérnlopper une intensité d'action telle qu'il puisse exécuter le même ouvrage dans un espace de temps beaucoup moins long? C'est inconccstable; la chose a reçu son appellation particulière dans ce qu'on appelle communément le coup de collier, et la vérification de ce coup de collier se trou"e surabondamment démontrée par le tr-civailaux pièces, dont nous avons parlé et sur lequel il serait superflu de revenir. Voyons maintenant s'il en est de même lorsque l'ouvrier n'est que le régulateur intelligent d'un outil mis en mouvement par un moteur étranger, ce qui, du reste, est loin d'impliquer l'absence de tout effort physique. Pour tous ceux qui connaissent le fonctionnement des machines, la réponse ne saurait être douteuse et se résout, dans la plupart des cas, par la négative.
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