La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LES ANARCHISTES DE CHICAGO 65 jamais je ne vis un meeting de travailleurs qui ne fût pas admira - blement ordonné. Les seules réunions où manquât l'ordre furent des« chambard ».de républicains et cte démocrates. Ces messieurs s'entendent au chahut, j'ai eu plusieurs foi.-occasion de le constater. Je 1·etournai chez moi vers 4 heures après midi, pour prenrlre un peu de repos ayant de me rendre au meeting. La veille j'aYais été très surexcité. La réaction se faisait et l'abattement suivit. J'étais fatigué à l'excès et en mauvaise disposition. Après dîner, mon frère Henry Yint à la maison. Je le priai de m'accompagner au meeting, ce qu'il fit. Nous marchâmes doucement le long de Milevaukee Ave. Il faisait chaud, j'avais changé de Yètements. Le révolYer- que j'avais l'habitude de porter sur moi était trop gros pour ma poche et me gênait. En passant deYant le magasin de F. Stauber, je m'en débarrassai. Il était enYiron 8 heures 15 du soir, quand nous arriYâmes à« Desploniesacl Lake Street. ». J'étais sous l'impression cl'ayoir à parler en allemand, car le discours en allemand suit génélement le cliscours en anglais; ce fut la raison pour laquelle j'arl'ivai en retard, j'avais attendu que mon allocution fùt pt·éparée dans mon esprit. Et pourtant, ntalgré mon retard, je ne trouyai pas de réunion, à propeement dire, à mon aniYée. Il y ayait bien des groupes d'hommes, les uns gros, les autres petits. Il n'y aYait pas de meeting .. Je ne. voyais personne pour s'occuper activement de la réunion. Je sautai vite sur un wagon. ,Je rlemandai M. Parsons, qui, je pensais, avait été inYité.. J'ounis la réunion, Parsons n'était pas la. Un reporter me dit : J'ai Yu Parsons au coin cles rues Halsted et Randolph ..Je pense qu'il parle a cet endroit. Je priai l'assistance d'attendre quelques minutes. Pendant ce temps, j'allai chercher Parsons. Ne le trouvant pas je retournai au wagon. Quelques-uns me dirent que Parsons, Fielden et d'autres tenaient une réunion aux bureaux de l'Arbeiter Zeitung. J'envoyai un de nos employés aux bureaux pour demander Parsons et Fielden et commençai à parler à l'assemblée. Je parlai environ Yingt minutes. ArriYa Parsom. Il parla après moi. L'assistance était tranquille et attentive. Parsons se 1·estreignit à la question des huit hem·es. Il tint longtemps la tribune. Pendant qu'il parlait, ,ie demandai a M. Fielden s'il ne voulait pas dire quelques mots. Il ne tenait pas à prononcer un discours; il désirait seulement présenter une ou deux remai·ques et. ajourner le meeting. Je lui dis : Fort bien, faites ainsi. Il était environ 10 heures quand Fielden commença à parler. Quelques minutei:;après, un noir et menaçant nuage monta du côté du nord. La foule ou du moins un bon tiers. craignant qu'il ne YÎnt à pleuvoir, quitta le meeting. « Un moment, dit Fielden, encore une minute, et j'ai fini :.. Il n'y avait plus que 200 personnes environ présentes. Une minute plus tard, 200policemens se mirent en ligne, 5

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