üïO LA nEVUE SOCIALISTE car nul homme ne pouvait savoir de quel enfant il était père (1) >) - L'ép0que matriarcale eut aussi ses prolongements au grand' étonnement d'Ilérodotc qui parle des « singulières » coutumes des Lyciens. « Ils se nomment, dit-il, d'après leurs mères et non d'après leurs pères. Si l'on demande à un Lycien qui il est, il indi<1uesa généalogie du côté maternel en énumérnnt sa mère et les aïeules de sa mère. Si une citoyenne s'unit à un esclave les enfants passent pour· nobles; mais si un citoyen, fût-il <lurang le plus élevé, prend une femme étrangère ou une concubine, les enfants ne jouissent pas des honneurs (~) ». Polybe mentionne des rnœurs analogues chez les Locriens. Le matriarcat persista au moins partiellement en Étrurie : « :-,ur les tombeaux étrusques, c'est l'indication de la descendance maternellequi figure le plus souvent; Mécène qui était ot·iginaire d'Étrurie,. portait le nom de sa mère conformément à l'usage de son pays. Différentes traces du régime de la famille maternelle se retrouvent chez les Cariens, chez les Pélages, et dans la Grèce primitive chez les Cantabres, dans l'Egypte ancienne et jusque chez les Basques (3). (Commentaires sw· la 9uei·1·e des Gaules.) D'après Jules César, le matriarcat avec polyandrie fraternelle aurait existé chez les anciens Bretons. De nos jours des surYivanccs matriarcales ou polyandriqucs subsistent encore à Ceylan, au Thibet, à Sumatra, chc1, les Naïrs, chez certains Cosa<1ucset enfin dans nombre de tribus plus ou moins sau\.·ages. II LOIS ET USAGES MATRIMONIAUX DE LA PJ•:rtlOOE IIELLÉNO-ITALIQUI•: A LA RÉVOLUTIOX FRANÇAl!::iE Il est pénible d'avoir à constater que la philosophique et antique Hellade ne fit rien pour la <lignification de l'épou e. Celle-ci enfermée dans le gynécée, resta réduite au rôle de ménagè1·e durement commandée et fut mise au-dessous de l'hétaïre, l'amie intellectuelle et affective. L'hétaïre fut en quelque sorte l'épouse extérieure; chaque homme éminent eut la sienne. Au grand scandale de plusieurs l'histoÏl'c a souvent associé les noms suivants: Épicure et Léontium, Socrate et Théopompa, ('i.) Platon et Ar- (1) Louis RRIDEL, la Femme et le droit. (2) HÉRODOTE, Histoire, 1. (:!) Louis BiunEL, op. cit. (t) Platon en son Banquet fait dire à Socrate : « Je n'ai compris la di"inité " et la vie que da~s mes entretiens a,·ec rhétaïre Théopompa •·
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