650 LA REVUE SOCIALISTE raine, avec l'ardeur de ses controverses prépare, une phase organique de la science, une synthèse où se résoudra graduellement la lutte moderne du socialisme et de l'économie politique, où se coordonneront les progrès accomplis; elle recevra justement le nom de Constitution de la Sociologie économique. L'histoire aura dès lors à rechercher quelle portion de chacun des systèmes doit échapper à l'oubli, quelle âme de vérité il faudra recueillir dans chacun d'eux pour l'incorporer à l'âme éternelle du savoir positif. Parvenue à ces hauteurs, l'histoire n'est plus que l'interprète du développement orgar,iique de l'esprit humain ; elle rejette au second plan ou abandonne tout ce que les différentes phases de la pensée scientifique ont de contingent, de négatif et d'arbitraire et, avec ces éléments passagers, vont se perdre dans la nuit de l'oubli les antagonismes et les haines des écoles ; l'histoire scientifique prend alors son nom véritable: elle est la 1·éconciliation de l'esprit hiimain avec lui-même dans ses progrès indéfinis ; préparation sublime à ce que poursuivent les plus granùs esprits du temps: je veux dire la Réconciliation de l'hwnanité avec elle-niême. J'ai choisi pour point de départ le moment où la science économique se constitue comme Théo1·ie d'un Oi·dre essentiel des Sociétés humaines. C'est un moment décisif dans l'histoire de toute science que celui où les caractères irréductibles de ses phénomènes sont définis; distingués par là même de tous autres faits déjà scientifiquement étudiés, ils pourront avec précision être reliés entre eux et rattachés à leurs causes par des lois exprimant leurs rapports constants. L'exposé systématique de ces relations constituera la science nouvelle, sans doute toujours perfectible, mais ayant désormais un territoire défini dans l'ensemble du savoir humain. Quand on eut reconnu que les phénomènes de pesanteur, de chaleur, d'électricité, de magnétisme, de lumière, de son, ont ce caractère commun d'être des modes de changement de la matière, tels qu'il n'en résulte qu'une altération passagère des propriétés des corps, il y eut place pour une science physique distincte ; quand on parvint à réunir en une classe nouvelle d'autres modes de changement de la matière, présentant ce caractère commun de se produi1·e au contact de corps différents et d'altérer profondément et d'une manière permanente toutes le propriétés des corps en présence, il y eut place pour une science distincte de la Physique : la Chimie. Quand on forma une classe de phénomènes caractérisés, eux aussi, par des échanges <le matière et de force, mais différents des phénomènes physiques et chimiques, en ce que des corps organisés sont seuls le siège de ces échanges avec le milieu extérieur, il y eut place pourla science de la vie ou Biologie ; semblablement, de ces phénomènes présentés par les organismes animaux, on a pu détacher une classe moins étendue,
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