RE\.UE DES LIVRES III Certains pay ne se sont pas contentés de limite1· la journée de tran1il pour les enfants, les jeunes filles et les adultes, d'intcrùire le trarnil de nuit pour les femmes, mais ils ont pensé qu'il était u1·gcnt <l'iuten·enir encore pour protéger l'ol;IHicr contrn les principaux risq uc qui peuvent entrainer pour lui ou pour sa famille la gène ou l'indigence. L'Allemagne, par exemple, a cherché à crée!' des assurances obligatoires. La loi ùu 13 juin 1883 a organisé l'assurance obligatoire des ounicrs contre la maladie; celle du 6 juillet 188.J. à constitué l'assurance obligatoire contre les accidents. Enfin une loi toute récente, de juillet 18d9, a créé l'assurance obligatoire contre les infit'mités et la ùcillcsse. En France, pendant la dernière législature, on a ùiscuté ùcs projets de loi empreints des mêmes préoccupations. M. Lcroy•Bcaulieu voit là une pente fatale. Nous mal'chons à reculons, nous rétl'ogratlons. La liberté du tra\·ail est violée, la liberté inùh·iducllc c·ompromisc. Et, <l'ailleurs, cst•il besoin de lois et cledécrets pour harmoniser les antagonismes, soulager les maux, paroi· à tous les incom·énicnts du régime économique du jour f Tout est bien. Au surplus, les législateurs pcrùcnt leur temps, parait-il; les fatalités na turelies c rient de leurs prétentions. Les lois allemandes, par exemple, sont ou l'iùiculcs ou dérisoires. Cependant, les résultats de cette nou\'ellc législation sont connus. Quels ·ont-ils f Prenons la première de ces lois. Elle impo. c à tous les ouHiers de l'industrie de s'associer contre les risc1ucs d0 la mala<lic, en s'affiliant à une cais e de secours. Les cotisations ont fournies jut'lrJLi'àconcurrence des deux tiers par les OU\Ticrs aux jours de paye, et pour l'autl'e tiers par le pa tl'On. Ln prime d'assurance à ra.ver par l'ou rric1· varie suivant les localités et le caisses: elle va d'ordinaire de 1/2 à:! 0/0 du salaire .. \insi, en cas de maladie, l'ounic1· a droit aux médicaments, aux \·isites du médecin et à une indemnité qui égale la moitié du ·alaire pcn<la,nt une durée maxima de treize semaines. Qu'objecte ~I. Leroy-Beaulieu f Que cette organi,;;ation ne tient pas Cû qu'elle promet. Elle n'embrasse pas toutes les pcr::,ouncs qui vivent d'un tra\·ail professiouucl; clic fait beaucoup moins que ne fai;;aient la plupart des grandes entreprises in<liYiduelles bien menées. Cc sont là pures chicanes et mauvaises raison . Comliicn sont-elles ces granùcs entreprises bien menées qui assurent à tous leurs ouHicrs des scl'ours aussi efficaces'? Un mot de la loi ur les accidents profes ionnels. En cas dïll\'alidité totale et permanente, l'ouvrier a droit aux deux tiers de son salai1·e; pour une in\·alidité partielle ou temporaire, l'indemnité est moindre mais suffisante. En cas <lemort la \·euvc rei;oit 20 0/0 du salaire, les enfants chacun 1:5 C10,jusqu'à quinze ans, sans que le tota I de cc:s allocations puisse <lépasser 60 0/0 du salaire. Ces indemnités sont à la charge des patrous seuls. Ainsi, les victimes n'ont pas, comme en France, à poursui\Tc les patrons deYant les tribunaux, ù attendre les jugements de première instance et d'appel, ni à faire la premc de la faute, cc qui la plupart du temps est d'une difficulté insurmontable. L'indemnité est clétem1inéc par la loi et rigoureusement allouée. Quand on songe que, d'après les statistiques, chaque ouvrier des usines et des manufactures a une chance sui· 36 ou 38 de rencontrer la mort, et une chance sur 9 ou 10 d'éprou\·er une blessure grave, on ne peut que regretter de voir notre démocratie aussi en retard sur les pays mon.archiques. M. Leroy-Beaulieu, il est vrai, se félicite et manifeste sa complète satisfaction, car, en définitive, le mal n'est pas si grand," la presque universalité des accidents survenant
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