G28 LA RE\.UE SOCIALISTE les femmes, cmp,·chcr les cfTets désastreux du ,;urmenagc , a,·oi1· souci de l'a,·cnil' de la race? De quoi ,·icnt-on se mêler? Les pournirs publics ont-ils le droit de s'ingérer dans les choses du travail î Et, <l'ailleur s, les ahus qu'on signale sont-ils vraiment aussi généraux, aussi cruels qu'on les dépeint'/ « .\ lire ccl'tains liHCS de médecine, écrit M. Lcroy-Ueaulieu, à étudier les symptômes qu'ils clécri,·c11t des maladies diverses, à sui ne le jug ement qu'ils portent sur les difîércutcs habitudes humaine-;, l'homme le p lus sain se croit atteint <l'une foule <l'affections mortelles : on s'étonne <le v ivre encore! li en est <le mi·mc, ajoutc-t-il, des philanthl'opcs, Lies spécialistes sentimentaux qui se li\Tcut ù. des études et à des enquêtes sui· le tra,·ail, soit de la ville , soit ,les champs, soit de l'atelier, soit du foyer. • Cc sont eux bien certainement qui inventent toutes les misères de l'industrialisme modern e, et qui« montent le ('OUJl » à ces ba<lauds de travailleurs qui finissent par s'y laisse!' pren dre. On croit l'êl"Cr en lisant cc,; lignes et ou ne peut s·empl•c-he r d'être saisi <l'étonnement. Corn ment tant de fertilité <l'esprit peut-elle se rencontrer <lans la cer- ,·ellc étroite ù'uu spécialiste en économie politique? L'auteur ,·eut bien admctll'" par ex<'ès de bonté que l'i11len ·ention de l'État c,-;t légitime pour détcrmi11e1· la durée du tra,·ail en cc qui ('Onrcruc l'enfant, l'adolescent des cieux sexes, la fille mineure. 11 Peut-être, dit-il - cc peuli·trc est joli - peuL-t'•trc pou1Tait-on y joindre la femme en ceinte ou rcle,·ant de couches dans les quinze jours qui précèdent et suivent c elles-<'i, parce que cette femme a la chal'gc d'un autre être ltumaiu; mais <·ctlc clétermi11atioo est très délieate, et il ,·aul mieux laisser ag-ir les lllCCUl's. » Pour la femme pri•tc a accoucher, pcut-,·Lt·c ! mais pour les adultes, jamais'. Réglemente1· le travnil des adultes, c-'est attenter à lcu1· lil>crté ! !''est leur enlever le pain de la houC'hc! En ,·ain démonti-ercz-,·ou,-; qu e les ouHicrs ne jouissent pas <le la Jiherté qu'un leur prêtr, qu'ils sont cla ns l'alternati, c ou de travaill<'I' 12, 13, 14 et mi·mc 16 heures par jour, si telle-; sont les exigences du patron, ou hicn d'étt·c jetés sur le pavé, qu'ils n'ont en réalité qu'une liliedé: celle de moul'ir de faim. En ,·ain acc·umulcrcz-vous l es fr.ils. 1\1. LeroyBeaulieu n'est pas à court de répliques. Oui, autrefois, rnus dira-t-il, les ounicrs étaient à la mel'ci <les patrons, mais aujourd'hui n ous a,·ons changé tout cela : 11 J .'argument de cctLe prétendue faibles,-;c de l'ouvrier rel:üi,·ement au patron a le tort de corrc<;ponclrc ù une situation anc·ienne qui a depuis lougt,emps disparu! " {p. 3,11.)Un économiste nierait le solei l! Et si vous in,-,istcz : il y a une limite au delà ,le laquelle les forces humaines s'afrnil>lisscnt, un trarnil sag-cmcnt limité est plus productif qu'un travail trop 1,rolongé? \'ous n'aurez pas le clernic1· mot. l\l. Le1·oy-Bcaulic u ,·ous répondra que si vous limitez la journée de tra,·ail ù huit ou neuf heures comme en .\nglctc1Te et en .\mérique, les indust1·i<'I,; ne tanlc1·ont p as ù. in,·enter des ma<'hi11csperfcdionnécs dont les mou,·emcnts seront plus a ccélérés. Alors la tension d'esprit et la dépense de forrc nerveuse seront te lles que l'ouvrier ;-era complctemeut al,ruti au bout de ses neuf heures de tras ail. « Pour l'éq11ilibrc du d•:licat organisme humain, les dix ou onze et m(•mc les douze heure:S de labeur sont peut-être préférables. » (p. 317.) Et d'ailleurs, si l'on donnait tant de loi-.ir,, au" oun-iers, ne serait-cc pa,; lù. un danger p our leur moralité f li est difli,·ile d'imaginer <lesarguments d'une pau\Tcté plu s désolante .. \u surplus, les c-.emples de l' ..\nglcterrc et de l'Amérique son t là pour anéantir tout c·c système de sophismes et de cl<;né~ations oiseuses. En tout cas, quand on en e»t réduit lù, conviendrait-il de traiter a\'Cc moins de dédain et de pédante hautcul' les Schœfflc, les Bluntschli, les Adler, le s "'ngncr, les de I.aveleyc, tous .'.:cri,·aius, qui out au moins le mérite d'allie r à la science la modestie.
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