La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

REVüE DES LIVRES G27 II Camille Pelletau, il y a quelques jours, disait Jans la Ju~ticc, à propo;; J·une heureuse innoYation do l'administt-ation <lu chemin de fer de Hongrie : 1c. Tout d'abord une réllcxion se préscnl,e. Qui l'a faite? (cette innorntion). C'est l'administration des chemins de fer de rRtc1t h011fJl'Oi1<. ,, Et il poursuit : <1. Est-ce !:\ un fait cxccpLionncl 'I L'initiatirn, en maticre de réforme et d'abaissement considérable de tarifs, a déjà été prise, il y a \'ingt-cinq ou trente ans. Par qui 1 Par les chemins de fer de l'État bclae. Dix ou quinze ans plus tard, tout un systcme nouveau <le tariflcation, aur1uel était jointe une diminution considérable des prix, et qui pamit arni1· fo1·t bien i-éussi, était inauguré. Par qui? Par les chemins de fer <le l'État allemand. Et le peu qui a été fait en cc sens en France, y a été, on le sait, réalisé sur les chemins de fer de l'Etat jNu1çais. " Où sont, au cooti'airn, les amélioi-alions effectuées pa 1· le grandes Compagnies f Où réside cette supériorité que e plait à leur attribuer ~I. Leroy-Beaulieu f Ne restent-elles pas, au contraire, clans la routine'! Exer~aot un monopole au profit des actionnaires, ne sont-elles pas obligées d'être aYares de réformes î L'intérêt du pays tout entier est une chose infiniment secondaire pour elle . Cependant, M. Leroy-Beaulieu arri,·e aYcc un tableau comparatif des dépenses et des recettes des Compagnies pri,·écs et des chemins de fer dos Etats. Il triomphe. L'exploitation dos Compagnies est plus économique quo celle des États. Yoycz, par exemple, on Allemagne : les frais d'exploitation par los Compagnies sont de 54,7 0/0 contre 56 et 61 pou1· les lignes exploitées par l'État. En Yèrité, étant donnée la rapacité des Compag-nies, il n'y a pa lieu <l'être si fier! Et, d'ailleurs, quo prou,·e ce tableau avec tout ce luxe de chiffres'? Simplement ceci, c·cst que les Compagnies soustraites à la concurrence maintiennent, pour grossir Jours recettes, des tarifs élcn·)s; tandis que les f:tats - qui, encore une fois, n'ont pas pour but unique le lucre - abaissent les leurs, au grand a,·antagc des Yoyagcurs, du commerce et <le l'industrie. Et c'est là une supériorité que tous les liHes dos économistes ne panicoùront pas à amoioclrfr. Aussi bien un tableau comparatif des tarifs serait beaucoup plus édifiant. Non seulement M. Leroy-Beaulieu fait lli;rhc do tout bois pour défendre les g-randcs Compagnies et les monopoles de la féodalité flnaocière, mais il ne veut pas entendre parler dos lois p1·otcctrices du travail. Nous allons reYenir au moyen âge. « Quelques politiciens, écrit-il (p. 322), dissimulent mal leurs préférences pour les vieille institutions corporatives du temps de saint Loui ; ils prétendent innover quand purement et simplement ils veulent restaurer le passé; ils <lisent marcher on avant quand ils reculent. » Pourquoi pas les • accuser de retourner aux temps préhistoriques? No peut-ou pas, sans faire re,·iHe l'époque des maitrises et dos jurandes, sans restaurer les anciennes c-orporations, proclamer bien haut l'insuffisance de la liberté du travail, l'absurdité des « lois naturelles, immuables et inflexibles ,, et chercher à améliorer, par mesures législaliYes, le sort des milliers d'êtres humains qui luttent sans espoir, vivent et meurent dans la pauvreté, au sein d'une société regorgeant do richesses î En vérité, on ne saurait rien coocernir do plus Yidc, de plus alambiqué, de plus misérable que les arguties des économistes défendant les pri,·ilèges des hautes classes. On croirait, à les entendre, que décidemcnt « les hommes sont faits pour les produits et non les produits pour les hommes. 11 Que veut-on? Limiter la journée de traYail, interdire Je travail de nuit pour

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