62G LA HE\.UE SOCULISTE 2• L'exploitation des chemins de fer par l'État; 3• La réglement.1.tion du traxail ; 4• Les assurances obligatoires; L'examen de ces questions donnera aux lecteurs une idée à peu près complète de cet OU\Tagc, ou au moins de son esprit. 11. Leroy-Beaulieu envisage rJ'.:tat moderne sous sa triple manifestation de pouvoir cenll'al, départemental et municipal. Si l'l::tat et, par conséquent, les départements et les commu,rns fout mine de ,·ouloir gérer quclqu°Lrne de ces grandes entreprises dïntérét g-énéml, comme, par C.\emplc, l'industrie des transports, chemins de fc1·, tramways, éclairage pai· le gaz, l'électricité, etc., le rnici aussitôt qui lève les bras au ciel et débite des litanies sur l'inertie, sur l'in<·ompétencc, la,routinc des régies ùï'.:tat. L0 Etat n'a pas l'esprit dïm·cntion. J.'J'.:t:u n'a pas de suite dan les idées. Étant électif, il est rnl'iable. :-;on personnel est changeant et n'a -pas le stimulant. ou le frein de l'intérN individuel. Enfin l'J•:tat est soustrait à la concurrcuce, partant incapable de réaliser les progrès, le améliorations, cl<-. Toutes ces cdtiqucs, bien qu'exag-érées à des cin, contiennent, sans aucun doute, une part de vérité, mais clics ne portent pas Jans l'espi'cc. Il ne s'agit pas, eu effet, d'opposer lïnitiatirn privée à l'J'.:tat. Les mérites de l'initiati,·c privée ou de la toncurrcncc sont hors de cause. Les grandes Compagnies, comme l'État, détiennent généralement des monopoles. Qui, de l'J'.:tat ou des Compagnies, est le plus capable, au point de vue social, d'c.\crccr un monopole 't Yoil:'t la question. Or, les g-ra11cles.\ssociations libres, les Sociétés anonymes gigantesques sont affectées, au même clcg1·i·que l'l::tat, des faiblesses et des vices énumél·és par l'auteu1·. Les ,·astes Sociétés, de même <1ucles exploitations de 1•f~tat ou du comn1erce, ont ù leur tête des directeurs salariés, des administrateurs salariés également, clépourrns du stimulant ou du frein de l'intérêt pri,·é . .\u surplus, le pe1·sounel des Compagnies n'est-il pas, lui aussi, soumis à des ,·hangcmcnts nombreux î et est-il ,·rai de prétendre que les administrateurs de l'f:tat subissent les fluctuations continuelles de la politique? La ,·érité est que les Chambres et les mini tèrcs passent et que les administrations den1eurcnt. En tous cas, « les conséquences des rtTcurs des sociétés anonymes, dit l'auteur, ne portent que sur ceux qui s'y sont assorii•s ! ,. C'est nai; mais coml>icn fréquentes, combieu terril>lcs sont les conséquences de ces erreur:;! L'histoi1·e toute récente des krachs ,1ui engloutissent l'éparg-nc de pauncs g-cns est 1-ar(•ponsc malheureusement trop éloquente à ce complaisant optimiste. Aux reste, les grandes Sociétés r1ui C)..crccnt un monopole d'intérêt g-énéral ont un vic·c qui leur est prop1·c, un ,·icc essentiel, fondamental, et qui les condamne soeialem,.mt :i. une iufériorité décisive. Elles ne pcu,·cnt a,·oi1· en vue c1ue l'intérêt des actionnaires, qu'un but : le gain, l'accrnissemc11t des rli,·idcndcs. Dans <·es conditions, les intérc;ts du public, les intérêts généraux sont nécessairement sacrifiés à l'a((l'Î sacra famc~. L'l::tat, an contraire, n'est pas en~halné par cette unique préoccupation. Aussi peut-il, si bon lui scml>lc, pour,·u qu'il couvr~ les frais de l'entreprise, abaisser les prix, les tarif,,, ou bien augmenter les salaires, appliquer le,; nouvelles dét:ou,·crtcs. faire des améliorations qui profitent directement au pays. La question de l'exploitation des chemins de fer par l'État va confirme1· ces assertions.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==