La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

l\lOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTR,\NGER li! 1 entrés en lice. Ils avaient folll'bi la dague de leurs pères et ceint le baudrier des grands combats. Les Parisiens ont refusé d'e1woyer d'aussi grands personnages siéger en leur nom au Conseil munici- , pal. Les rares conservateurs élus sont des roturiers d'hu.rncur assez accommodante, très peu archaïques et se souciant fo1·tpeu de l'anti- ' sémitisme. A peu de chose près, le nouveau Conseil municipal sera le même que l'ancien. L'élément radical-sociali.·te continuera à avoir la majorité dans le sein de notre grande assemhlée c:ornnrnnale. - Le parti ouvric1· dit possi_biliste y comptera huit représentants : M.\l. Commeau, Prudent Dervillicrs, Brousse, Lavy, Chahnt, Réties, Fuillet, Bcrthaut. - Ont été ég;tlemcnt réélus deux socialistes blar.- c1uistes de la plus gronde Ynlcm: 1\1.\I.Vaillant et Chauvière. - Parmi lrs socialistes indépendants qui se représentaient, un seul a succombé, pour avoir eu l'honneur <lc tenir plus qu'il n'uYait promis à un quartier réfructaire à la marche en avant : nous avons nommé M. Daumas. - .\lais l\Ii\1. Cuttiaux, Alphonse Humbert, Longuet, etc., ont été réélus. En ajoutant à cette érnunération le nom de notre ami Rouanet, qui sera bientôt aussi apprécié nu Conseil municipal que par les lecteurs de la Revue social-iste, on peut facilement compter sur quatre-vingts conseillers municipaux une quinzaine de ocialistcs pms. Un dernier mot très bref; cc ~era, vulgo loqu<'ns, la moralité de cette note électorale. La liberté de ses mouvement-; est cnÎln rendue à la France socialiste, qui va pouvoir reprendre, sans dérivatif possible, le con~bat pom elle-même et pour l'émanüipation sociale. ALLEMAGNE La (< Fète du Tl'civail ii. - La capitale de l'empire d'Allemagne a eu une physionomie spéciale. Se riant des menaces des industriels et des gouvernants, des milliers d'ouvriers et ouvrières ont chômé et, vêtus de leurs habits de fête, se sont promenés dans la ville ou à la campagne environnante. Les trains de banlieue étaient combles. Il y avait <lu monde jus<Jue dans les wagons de marchandises. Le soir il y a eu foule énorme dans les rues : partout où des rassemblements se formaient, la police intervenait avec force pour les disperser. Les troupes attendaient dans les casernes, l'arme chargée, le moment d'intervenir au premier signal. Elles n'en ont pas eu l'occasion, la manifestation ayant surtout pris le ca~actère de fête ouvrière. - Il en a été de même dans les autres villes. Peu de réunions ; mais partout l'on a chômé et l'on s'est amusé, sans oublier de signer la

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