La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

612 I..\. HE\"UE SOCIALISTE fameuse pétition. - Ci-dessous les principaux passages clu manifeste lancé par la fraction socialiste du Reichstag : Le Congres ou1Tier international de P:u·is n'a pas prescrit de quelle maniere la manifestation du 1"' l\lai <lernit s'effectuer. - Le hut de la. décision était de faire une manifestation sim11ltanéc des trav:iilleurs de tous pa,n, pour exprimer clairement l'unité des efforts de tous les tra,·ailleur;;. Dans l'unanimité et la i,:L'néra.lité 1·t;siùe toute sa ,·a.leur ... De plus, noue; r,'cnmmanùons, . ans nui1·e :\ la. forme que prendra la manifestation, d'y rt'Cucillir partout des sig-natures en masse pour une pt'.:tilion au Reichstag-, pétition dans laquelle on demanllera la réalisation <les c.lé<'isions du Congres international de Paris. Cc mou,·cment <le pétition de1Ta commencer au l°' nui et c.loit être C'ODtinué de là ju-;<1u'à la fln <le septemb1·e. Les débuts d'un chancelier. - Il y a lieu de constater dans le langage tenu par M. de Caprivi à la tribune de la Chambre des députés prussiens une notable divergence de formes et d'idées, si on le compare avec celui dont usait familièrement l\I. de I3i·marck. , 'ans nous cxag<'.·rerla portée de cette évolution vers des sentiments libéraux, nous pensons <1uele nouYcau chancelier se maintiendra dans cc ton et cc style; l'Europe n'est plus en eITet susceptible de supporter les grands éclats de voix, les transcendantes iror.ies, les traits <l'esprit parfois douteux dont :\l. de Bismarck accompagnait ses moindres gestes. Son successeur, en s'essayant à gar<le1' une attitude parlementaire, a usé d'une discrétion qui peut lui Yaloir en Allemagne quelque répit, et faire naître chez les progressistes ou parmi les membres <lucentre quelques espérances dont :\DI. Richter et \Vindthor ·t ont tenu à se faire immédiatement lPSinterprètes. Une phrase est à signaler dans son premier discours: celle où le chancelier a dit qu'il voulait gouvemcr en Prusse d'une manière royale, et en .\llemagne d'une manière nationale. C'est un trait de plus à ce que nous savons déjà de Guillaume II et de ses intentions; cc prince tend à se considérer comme seul dépositail'c de b nationalité allemande et à ne pas connaître d'intermédiaire entre sa volonté et la foule <les humains dès qu'il s'agit de la tâche presque sacrée qu'il s'attribue. Il veut être toute la patrie allemande, il veut absorber en lui les élans et les aspirations de son peuple. Nous ignorons si cc nouveau mystère de l'incarnation s'accomplira sans secousses, sans désastres; mais il n'est pas inutile de constater une fois de plus qu'une des premières monarchies du continent est abandonnée au caprice d'un homme. La paix ne dépend plus ni de lui ni de ses alliances, mais de la sagesse <les nations qui l'entourent et l'observent.

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