La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

GO-i LA RE\'UE SOCIALISTE public de juger par lui-même dans une question qui intéresse les vies de sept êtres humains et le sort de tant de familles. * * * UNE LETTRE DE DENET L'article suivant, qui a paru clans le Enigls o{ lcibor (Chevalier du travail), i décembre, et une seconde fois, sur demande spéciale, le 23 décembre, est tiré d'une lettre d'un caractère privé, écrite par le colonel Benet, juriste éminent, et président du « Club de la Caroline du Sud )>. Le colonel Benet était un des deux délégués de son État à la récente convention épiscopale, tenue à Chicago. « Je vous remercie de m'avoir envoyé les documents concernant les huit condamnés. Ils ont tous été lus avec avidité, mais $pécialcment l'autobiographie d'August Spies. Son portrait est très ressemblant. Il est excellent. Il m'a rappelé vivement les séances de la cour de justice de Chicago, où je le vis et où j'eus tout loisir d'admirer sa noble figure. l\lais ce que rien ne peut rendre, c'est le regard, la bonté de ses yeux. Je. pt·ends maintenant à lui un plus vif intérêt que jamais. si c'est possible. Je suis convaincu que c'est un excellent un homme, d'un cœur pur, d'une ingénuité d'enfant. Quand je pense à lui, je me récite involontairement les Yers de Coleridge. Ils s'appliquent exactement à Spies. Celui-là prie le mieux qui aime le mieux Toutes choses, qu'elles soient grandes ou petites, Car Je cher Dieu qui nous aime A fait tout et aime tout. << Sije vivais dans votre ville, il me serait certainement impossible de ne point paraître à la cour de justice et de témoigner en faveur de M. Spies et de ses camarades de prison. Je suis tout fà.ché que Carolina soit aussi loin de Chicago. Je sais, dans mon cœur, que ces hommes ne peuvent être condamnés sans appel. Ce serait un scandale pour la civilisation et la chrétienté que cet appel leur fût refusé; j'aimerais à avoir l'occasion de faire devant une cour suprême la démonstrntion de la foi qui est en moi. Cela n'a, du reste, rien à faire avec la question de savoir si les prisonniers sont innocents ou coupables du fait qu'on leur reproche. Tout porte à croire cependant que 1\1. Spies ni ses camarades n'ont eu part aucune à l'échauffourée • de Ifaymarket. l\lais, en dehors de leur culpabilité ou de leur innocence, on peut affirmer que l'adresse du juge Gary aux jurés suffisait à justifier l'insistance de la cour suprême à exiger un nou-

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