LES A 1AnCIIISTES DE ClllCAGO G03 dans leur bouche; mais ils ont fait des discours qui manc1uent sans• doute de modération. Si ,les mots de beaucoup de nos politiciens, prononcés dans la brûlante chaleur des temps d'élection, étaient répétés clans une cour de justice des mois après, ils feraient frémir tous l<'Sgens de sang-froid. Samuel Fielclen, qui fut ministre méthodiste, loin d'être un homme cruel, est prnsquc adoré par ses voisins et ses associés pour son universelle bonté de cœur et sa générosité qu'il étend à tout. Pendant que Fielllen prononçait son plaidoyer, un traYaillcur à la figure honnête qui était près <lemoi était secoué presque chaque minute pat· les sanglots. Je lui <lemanclai: (< Est-ce que -vous connaîtriez celui qui parle?» Il me répondit: (< Oui, j'ai Yécu des années près <lelui. Il n'y a pas de plus honnète homme ni <lemeilleur Yoisin. Tous ceux qui le connaissent connaissent de lui quelque c;hose cle bon.)) Fielden ne fit aucun effort pour exciter ln pitié publique. Son père, un vieillarc.l, est mort, sous le coup dela sentence, d'une rupture d'anévrisme. La vie <lesa femme et de ses petits enfants dépend aujourd'hui de la charité puoliquc. Il n'en dit pas un mot. Dans l'esprit <lesgens qui ont le sens commun, il n'y a pas de prem·es contre les autres accusés, mais le ca. d'Oscw· Seebe est plus extraordinaire. Il ne tient en rirn au rnouYcmcnt sociali te. Il n'appartient à aucune soc;iété ouvrière. Bien plus, il n'a jamais proposé aucune (< mesure de défense)) à l'usage des travailleurs. En fait, le seul crime qu'on puisse lui rrproc;he1·, c'est d'a,,oir rempli les devoirs d'un ami en sauvant l'_l/'l1eitel'-Zeitung, après que son chef fut arn;té, arrêté par guet-apens et sans mandat. Ah! j'oublie. Neebe est peut-être un criminel, aprt'S tout. Il eut l'humanité d'Nre touché de la misère et de lu souITranccqu'il Yitparmi les prolétai rcs, et d'essayer d'améliorer leur condition. A cette fin, il les organisa et les mit à même d'établir un tarif. Lorsqu'on considère que Neebe était entrepreneur pour lui-même, et qu'il n'avait rien à gagne!' aux réformes, le caractère « mercenaire >) de ses motifs éclate sans doute. A le voir, pourtant, on ne l'aurait jamais soupçonné de cela. Il a l'ait· d'un homme qui se trouve bien de la vie et qui voudrait qu'il en fût de mèmc pour tous. Quand le puolic américain est mis à même de juger les deux côtés d'une question, il est juste et généreux. Il fallait donc empêcher qu'il pût être impartial ainsi chaque fois que des faits ou des arguments ont été apportés en faveur des condamnés; des efforts systématiques ont été faits pour les réfuter. Cette tactique pouvait, à la rigueur, réussir. Mais elle dépassa son but, on vit trop élairement qu'elle était instituée dans l'intérêt d'une cli:lSSeparticulière. Tout ce que je demande pour ma lettre, qui n'est qu'une partie dece que j'ai trouvé, c'est qu'elle puisse être imprimée et permettre au
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