La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LES ANAl1CIIISTES DE CHICAGO 605 veau procès. Je crois sincèrement que le capitaine Black et son conseil associé donneront des conclusions d'acquittement. Ils seront fermes en cc propos. Les hommes de Loi,d'autre part, ils le savent et s'en souviennent sans doute, sont Les champions naturels de la liberté. Le barreau, depuis des siècles, est le boulevard de nos droits. Le conseil des prisonniers s'élèvera, comme la cause le mérite, contre l'opinion. Il luttera avec succès contre Lepréjugé public, - le grand tyran des hommes, - heureusement, comme tant de tyrans, lâche à l'occasion, et facilement mis en fuite. « Je vous donne pleine autorisation de mettre mon nom au bas de la protestation et de la pétition. Malheureusement, je suis trop au courant des choses de la loi pour avoir la moindre confiance en des pétitions et des protestations. Ma seule confiance est dans la justice du cas, dans le droit qu'ont les condamnés à un nouveau procès qui soit un procès impartial. Auriez-vous l'obligeance de m'envoyer une copie complète des discours prononcés, et tout journal qui donne en détail les différentes phases de l'nffaire. « Permettez-moi de vous encourager à persévérer clans la bonne œuvre que vous avez entreprise de demander justice pour les hommes. Dieu vous aide ! L'a venir cache co lui l\'oi1·ccur et chagrin Nous marchons pourtant au travers ; Rien de ce qui dort co lui, Ne nous arrèle. En avant! « Ce sont les paroles de Gœthc. « \Villiam Christie BENET. , .Abeville 20 nov. 1886. l\L A. Spies est membre de « l'Americanishe Turner Bundu ». Il y a trois ans, il prit part à une réunion de cette grande organisation à Davenport, Iowa, comme délégué du « Turnbczirk » de Chicago. M. John Gloy, le premier qui p1·ti la parole pour le district de Chicago, adressa au public une lettre dont j'extrais les passages suivants : « On a porté contre moi l'accusation d'être l'ami personnel d'Au- « gust Spies. De ce crime je m'avoue coupable - coupable dans c la plus large extension du mot. Je vais plus loin; je suis fier de « cette amitié. Je le dis avec fierté et suis prêt à le répéter à qui « voudra. ,, Parmi mes nombreux compagnons et mes amis personnels, je chercherai longtemps avant de trouver un homme compa- ·rable à Spies. Pourtant, sur les questions politiques, je suis loin d'être d'accord avec lui sur plusieurs points importants. Nommez-moi, je

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