UN' PROJET DE RAt;IIAT EN 1850 577 tion, qu'une succursale de l'immense association nationale, où serait cumulée l'exploitation simultanée de l'industrie, de l'agriculture, de la science, des beaux-arts. Les associations pourraient se restreindre en se spécialisant selon la diversité des corporations; avoir une vie, une administration, des intérêts distincts, mais non séparés, et se relier par une mutualité et une solidarité plus ou moins étroites. Mai-;, dans tous les cas, tous les foyers de production auraient 0ela de commun et d'obligatoirement uniforme, que le capital ou fonds productif serait consolidé comme fondation sociale, à jamais indivise et inaliénable, soustraite à l'arbitraire disposition des YOlon tés individuelles. Il est tout naturel, en effet, que la société, en ac.;complissant le rachat, consolide ainsi les instruments de travail au profit des générations successives : c'e t un acte de prévoyance et de justice distributive que l'on ne saurait conteste1·. A lu concurl'ence rivalisante et dépréciative, seraient substitués le concours, l'émulation fécondante; à la loi du rapport de l'ofîre à l::t demande, l'arbitrage d'un jury électif, la tarification par m,axùna et niininia du prix de revient et du prix vénal ; au besoin, la régie universelle; enfin la pondération, la prévoyance régulière dans la production et la consommation, et l'équité dans la répartition, par les soins d'un conseil central ou congrès fédéral de l'économie nationale. Ces fondations économiques, ainsi socialisées à un haut degré, seraient gérées, réglées, administrées comme les alelic1·s sociaux du Luxembourg. l\Iais la solidarité, au lieu de monter de chacun à tous, dei<cendrait de tous à chacun, rai· l'intermédiaire du conseil central qni seul a caractère, mission et puissance pour cela. La proportionnalité de salaire ou de minimtmi cl'e.cislence serait cl'aborcl garantie unifol'mément à tous les membres de toutes les fondations : et ce n'est que sur le surplus du produit annuel que pourraient pol'ter les inégalités de répartition si elles étaient encore admises. Chaque collection d'associés, après avoir assuré le minimum d'existence ou de répartition à chaque travaillem, prélèverait sur l'excédent de la po1·tion, à elle afférente, du dividende collectif, la portion néces~afre pour le renouvellement ou l'entretien du fonds social et même pour l'augmentation indéfinie du capital consolidé, indivis et inaliénable, et aussi pour procurer à la population croissante les instruments de travail qu'elle a le droit d'attendre de la prévoyance sociale. La quotité de ce prél~vement serait déterminée par le conseil central d'administration, et variable au gré des circonstances. Ce serait là la pi·op1·iété sociale, celle qui, appartenant à tous les
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