5ïG LA REVUE SOCIALISTE versé chaf1ue année à tiire d'usure fût à valoir à titre de remboursement du principal : l'estimation du principal à rembourser pourrait être basée, soit sur la valeur vénale moyenne actuelle, soit sur une fraction déterminée de cette valeur. Le rachat aurait lieu, au nom de la Société, unique propt·iétaire désormais; et au profit indivis, collectif, égal, des travailleurs occupés, depuis telle époc1ue donnée, à la mise en valeur des instruments rachetés, et n'ayant point de capitaux par eux-mêmes; et de tous ceux qui concourraient ensuite à un titre quelconque à l'exploitation de ces capitaux. - L'a.-sociation serait de rigueur dans chaque foyer de production soumis au rachat. - L'État percevrait lui-mème les annuités et les transporterait aux expropriés, qui recevraient ainsi la garantie de la société, qui d'ailleurs feraient de droit partie des travailleurs associés, substitués aux expropriés par le rachat. Les travailleurs pourraient être répartis dans chaque foyer, précisément en proportion de la répartition même de la production faite à chaque centre d'associés : - cette répartition étant déterminée pat· les exigences sociales, par les avantages de localité, les considérations de situation, d'usage, etc. L'universalité des prolétaires et des citoyens capitalistes ou non, serait donc investie de ces instruments ou capitaux, à titre de {e1·- miets de l']~tat-Peuple : ils en seraient les possesseurs collectifs indéfinis, moyennant une redevance qui servirait à solder l'annuité aux expropriés; et à charge d'usage pe1·sonnel, c'est-à-dire, à charge de les faire valoir par eux-mêmes, sans pouvoir d'aucune manière en tirer usure ou intérôt. Ainsi, tout ouvrier ou citoyen participant à l'exploitation d'une terre, d'une industrie quelconque, participerait également aux produits et à la gestion de l'œuvre à laquelle il amait concouru en qualité d'associé, absolument comme s'il était, depuis l'origine, participant à la possession du capital ou cle la terre en c1uestion. L'idée majeure qui domine cette radicale mesure, c'est l'existence d'un conseil central d'ad1ninistration qui régisse tout le mouvement économique des associations, et qui y mette l'éc1uité, l'équilibre, avec l'unité et la mutualité; c'est. ,1ue tout foyer de production soit une institution, une fondation sociale, et en <1uelquesorte une propriété nationale, publique, indivise et inaliénable, où chacun et tous aient droit de venir chercher, durant toute leur vie active, le travail, et par le travail le bien-être, la liberté, la sécurité des vieux jours ; et tout cela, à la seule condition de se conformer aux exigences de tant de gara"nties précieuses. L'ampleur de l'association primaire pourrait s'étendre jusqu'à ne ' faire de chaque commune ou village qu'un seul foyer de produc-
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