LA REVUE SOCI.\LISTE les familles, sinon de la totalité, du moins d'une partie des charges de l'éducation et de l'élevage. On pourrait obtenir ce dégrèvement de deux manières : soit, comme on commence à le pratiquer, et comme on parait généralement le désirer dans le parti socialiste, en cl1argeant la Commune ou l'État de donner gratuitement l'instruction et l'éducation en commun, y compris même le logement et la nourriture; soit, au contraire, comme le désirent les individualistes, en imitant !'Assistance publique ou les bureaux <lebienfaisance, qui donnent des secours à domicile au lieu d'ouvrir <leshôpitaux ou des hospices. Il y aurait seulement cette différence : qu'en restituant aux parents ou éducateurs tout ou partie de leurs dépenses en raison <lunombre d'enfants élevés en famille, il n'entrerait pas la moindre idée de secours ou d'aumône ; on ne ferait que restituer aux parents une rente foncière dont, en réalité, ils sont les auteurs. On peut donc choisir entre les deux systèmes : ou l'élevage en commun par la Commune et l'État ; ou bien l'élevage en famille. Dans l'un comme dans l'autre cas, l'éducation se fait sur les ressources fournies par la rente foncière. Celle-ci étant produite par la population, il n'est que juste de la restituer aux auteurs de la population, aux éducateurs, aux reproducteurs de l'espèce humaine. Pour donner ici mon opinion personnelle, ou plutôt mes préférences, je dois dire que je penche du côté des individualistes, et que je considère l'éducation en famille non seulement comme infiniment supérieure au point de vue intellectuel et moral, mais aussi comme beaucoup plus économique. Sous le système communiste, un enfant coûterait au moins 1,000 francs par an à l'État ou à la Commune aYec la pension complète. C'est-à-dire qu'à douze ans l'enfant revien<l1·ait à 12,000 francs. Or, il me semble que si l'on restituait G,000francs aux parents pour chaque enfant atteignant l'âge de douze ans, les parents se déclareraient d'autant plus satisfaits qu'après avoir joui du plaisir de retenir leurs enfants chez eux, ils se verraient à la tête d'un petit capital dont ils sauraient trouver l'emploi (1). VI La grande objection faite par les collectivistes au système unita.xistc d'Henry George est quïl ne fournira pas à la communauté (li J'ai déjà exposé cette opinion <laus ma « Répartition métrique des impôts», où j'ai démontré c1ue la taxe métrique, quoique trcs éleyée, serait toujours relati,·cment modél'éc, et eu rapport aYec les ressources mises à la dispm,ition des tenanciers, qui, <lureste, rccenaient<l'une main ce qu'ils payeraient de l'autre. .
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