LE 11ALTIIVSIANISME 567 des ressources suffisantes pour faire face à tous les besoins généraux de la société, et spécialement aux dépenses d'éducation, d'instruction et <lepension des élèves. La rente foncière revient certainement à la communauté, disent-ils, mais son produit sera toujours minime eu égard aux exigences d'une société bien organisée. Tout le monde ne pense pas ainsi, au contraire. Une partie des singletaxistes, redoutant l'exagération de la puissance de l'État ou des Communes et le gaspillage <les deniers publics, affirment qu'il ne sera nullement nécessaire de prélever toute la rente foncière, et que l'on pourra en laisser une partie au possesseur du sol pour ses frais de gestion et d'administration. C'est le système du parti des singletaxistes liniiled. Notre ami Eugène Simon, l'auteur de la « Cité chinoise», est de cet avis ; il ne Yeut pas que l'État thésaurise ! L'autre parti comprend les singletaxistes dits unlimilecl, à la tête desquels se trouve Ilenry George. Ceux-ci prétendent que toute la rente foncière doit être préleYée par la communauté, même si elle dépassait les besoins généraux de la société, auquel cas il faudrait la restituer, et non la laisser aux mains des détenteurs du sol, qui ne pourraient qu'en faire un mauvais usage et exercer à nouveau leur despotisme. Je suis de cet avis. Je vais même plus loin. Je pense qu'il ne faut pas se borner à suivre le mouvement, de la rente, mais qu'il faut le précéder, le stimuler, l'activer. C'est ici que se remarque la différence entre l'unitaxe foncière d'Ilenry George et l'unitaxe métrique à laquelle j'ai abouti. Celle-ci, il est nai, est également foncière, mais elle se répartit selon la superficie, tout en se basant sur les besoins généraux, ce qui permet de l'élever indéfiniment ; tandis que l'unita:xe simplement foncière se base sur la valem estimative, ce qui ne permet pas de prendre au delà de ce qui résulte de l'activité passée et présente. En d'autres termes, dans le système d'Ilenry George, on ne prélève que la rente acquise, telle qu'elle existe ; tandis que dans le système métrique on fait naître la rente là où elle n'existe pas encore, et on la développe là où elle a commencé à se montrer. En évaluant la rente foncière à dire d'experts, on marche à la remorque du mouvement; par la répartition méfrique des dépenses, on dirige le mouvement, on l'excite sans cesse comme avec un aiguillon. Ici, le rôle de la rente est actif et stimulant; là, il est passif et soumis, tout en produisant cependant de bons effets par action réflexe. Le système de la répartition métrique fournira toujours toutes les ressources nécessaires, à quelque chiffre que puissent s'élever les dépenses de la société et des familles, et cela sans jamais entraver la production, mais, au contraire, en la stimulant d'autant plus que
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