LE MALTHUSIANISME spéciale et distincte qui peut se séparer <le l'ensemble pour être appréhendée et per,:;ue·isolément et avec la plus grande facilité et simplicité. De sorte qu'en admettant l'impossibilité de recueillir et répartir équitablement la partiP. de la richesse collective résultant spécialement du mouvement de la population, il n'est nullement impossible de recueillir et distribuer équitablement les richesses particulières qui sont le fruit direct de la densité de la population. Ces richesses spéciales, parfaitement séparables et perceptibles, se présentent à nous sous la forme de rente foncièi-e. En étudiant attentivement l'origine et les causes de l'accroissement de la rente foncière, on remarquera qu'en général cette rente est proportionnelle à la densité de la population, et s'accroît régulièrement avec la population. On en a la preuve visible en comparant la valeur <les teLTains dans les villes et les villages. Si donc l'on parvient à séparer nettement la partie de la rente foncière produite par la population, de la valeur des améliorations, des constructions et plantations et en général du travail déposé sur le sol, on aura exactement la valeur produite par la population prise dans son ensemble. Dès que l'on aura reconnu et constaté qu'une partie au moins <le la rente foncière est le produit direct du développement de la population, on en tirera logiquement une première conséquence : c'est que le propriétaire foncier n'a pas cl1·oit à la partie de la rente qui ne résulte pas de son traYail. La seconde conséquence est celle-ci : la rente foncière doit être perçue par les auteurs de la population, ou du moins par la communauté qui sera chargée des frais d'éducation et <l'instruction. En d'autl'Cs termes, la rente foncière appartient, en bonne justice, à la collectivité, absolument comme le produit du trnvail appartient au travailleur. Ici, nous commençons à entrevoir la possibilité de résoudre le problème malthusien en même temps que le problème social tout entier. Je ne veux pas proposer de solution, encore moins critiquer les remèdes qui ont été proposés, mais seulement analyser en détail tous les éléments de la question. Non pas que je regarde les projets comme inutiles ; je les considère, au contraire, comme très utiles en ce qu'ils provoquent de nouvelles recherches et des discussions, et élargissent souvent l'horizon des observations. Seulement, je crois qu'il serait aujourd'hui prématuré de présenter une solution quelconque comme scientifiquement incontestable et définitive. Il faut être prudent et se défier de son propre jugement. Pour ma part, je suis de moins en moins disposé à. croire à l'existence d'une sc·ience sociale, au moins qu'ant à présent. Il y en
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