5\8 LA RE\"UE SOCIALISTE bres syndicales, les sociétés coopératiYes et l'intencntion sociale législative et administrative dans le domaine du traYail et de la distribution des richesses conduisent, chacun en particulier, en s'élargissant, et tous ensemble, en se combinant et se complétant - au régime collectiviste. * * Pour cela, qu'on nous permette d'établir tout d'abord quelques faits que nous révèle le plus simple coup d'œil jeté sur les phénomènes de la vie économique des nations. Jons pensons avoir établi naguère, dans le Peuple, que c'était à tort que le tra,·ailleur ou l'ouvrier, des mains desquels sort un produit quelconque, se considérerait comme l'auteur ou le créateur de ce produit, vu (JUe: 1 ° tout produit contient une part du fonds, de la matière première fournie par la nature et qui appartient à tous, et 2° toutes les générations passées ont contribué à la formation du capital et des richesses qui servent à la génération présente et rendu possible actuellement'la formation de cc produit. Nous citions, entre autres exemples, celui du meuble plaqué en acajou, lequel suppose, outre le travail de l'ébéniste, la connaissance de l'acajou, clone la découverte de l'Amérique, clone les progrès de la navigation, l'invention de la boussole, le calcul des longitudes et des latitudes, les notions de l'astronomie et des mathématiques, etc. Lors donc que les socialistes s'en vont répétant des phrases comme celles-ci, qui sont même parfois passées à l'état de formules, de devises, presr1ue de dogmes pour d'aucuns: (< Le travailleur doit être maître du produit de son travail, >> ou: « L'intégralité du produit appartient au producteur, » en entendant par là le producteur immécliat, individuel, et non la nature et l'humanité collaborant ensemble pour produire toutes les richesses, il nous semble, à notre humble avis, que les socialistes font fausse route. Ils s'empressent t.rop d'élever à la hauteur d'un principe social appelé à présider à l'organisation de la société future une simple devise de guerre, née actuellement de la lutte de classes, et spécialement de la compétition d'intérêts entre capitaliste et travailleur pour la part qui revient à chacun d'eux dans le partage des produits. Voilà pour les richesses dues à l'action de l'homme, disons plutôt de l'humanité sur la nature. A plus forte raison, les richesses qui ne sont pas du tout le produit du travail humain, celles que les économistes appellent 1·ichqsses naturelles, ne peuvent être appropriées individuellement, mais doivent rester au domaine social. C'est évidemment dans cette caté• gorie que rentrent L'EAU des mers et des rivières, le soL, l'air et la
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==