" COMMUNISME RELATIF lumièl'e, pour autant du moins que ces choses sont susceptibles d'appropriation. Au sol, se rattache non seulement la terre arable et cultivable, mais aussi le sous-sol, les mines, les cal'rières, etc. Cette manière de voir conduit directement à la conception d'un vaste domaine collectif ou social, d'un ensemble de propriétés communes à tous les membres de la société, mais indivise, donc au communisme ; non pas au communisme absolu, s'appliquant à tout, et qui n'est, d'ailleurs, jamais entré clans l'idée d'aucun réformateur, mais au communisme relatif. C'est à cc communisme, relcttif' ou partiel, que l'on a donné de nos jours le nom de collectivisme. Disons à ce propos que le premier emploi du mot collectivisme a été attribué à to1·t à Bakounine ; que Colins l'employa bien avant lui, et que j'ai contribué à le mettre en usage bien avant que Bakounine ait paru au sein du socialisme occidental. Le grand dictionnaire de Larousse, au mot Collectivisme, commet cette erreur et beaucoup d'autres. Ajoutons que V. Considérant, dès 181-8, disait collectisme, cc qui est presque la même chose. * * * L'idée de communisme relatif ou partiel, appelé aujourd'hui collectivisme, n'est pas neuve dans lemonde. En effet, il n'y a jamais eu et il n'y aura j unais de société possible sans qu'il y ait, à côté de propriétés individuelles, certaines propriétés collectives, sans qu'il y ait par conséquent une certaine dose de communisme ; les économistes de l'école d'Ad. Smith, même les plus fervent::; apôtres de l'individualisme, reconnaissent qu'il faut des propriétés publiques, sociales, collectives, communes, car aucun d'entre eux n'a jamais nié la nécessité d'avoir des rues, des routes, des canaux, des édifices publics, des établissements sociaux. Et, d'autre part, le communisme absolu non plus n'a jamais été professé ; car aucun communiste n'a jamais prétendu que les aliments, par exemple, ne devaient pas appartenir à celui qui les consommait. Nous l'avons déjà dit à cette place, à différentes reprises, mais il est des vérités qu'on ne peut assez répéter : il n'y a donc jamais et il ne peut jamais y avoir que plus ou moins de communisme et plus ou moins d'individualisme dans une société quelconque. Il est donc absurde de se prononcer absolument contre tout communisme comme contre tout individualisme. Le tout est de savoir ce qui doit être propriété de tous, et ce qui peut être propriété particulière. En d'autres termes, la solution du problème de l'organisation sociale se présente d'abord comme une conciliation entre la commu-
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