La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

L,\ REYUE SOCIALISTE vu ici, à plusieurs reprises, ce qu'elle Yaut. Les objections de fait ne tiennent pas davantage debout. Certes, on n'a pas tort quand on constate que tel navire construit dans les chantiers de l'État a coûté le double de tel autre n::ixire dont la const.rnction a été confiée ~t l'industrie pri véc. Certes, encore, on constate un fait vrai quand on montre en regard les grosses recettes des compagnies de chemins de fer et les maigres recettes cks c;hemins de fer de l'État. Seulement, on n'a pas tout dit quand on a dit que l'État est un mauvais fabricant, si on n'a pas montré pourquoi il est un mauvais fabricant. L'administration est encombrée de fonctionnaires dont les traitements ne sont justifiés que par un bel appétit. Ces fonctionnaires qui grèvent le budget de tous les ministères et augmentent le coût des moindres objets que l'État fabrique lui-même ne sont point de création démocratique; il n'est pas un programme électoral républicain qui ne demande qu'on pratique dans cc personnel encombrant et tl'Oppeu occupé des coupes sombres qui allégeraient singulièrement le budget. D'autre part, l'État est tenu à plus d'humanité vis-à-vis du producteur qu'il emploie. Tandis que les grandes compagnies imposent des stations de travail de 18 et 20 heures à leurs mécaniciens de chemins de fer, les mécaniciens de l'État ne demeurent que sept heures par jour sur leur locomotive. Enfin, on oublie que les compagnies de chemins de fer ont été favorisées de toutes les faç;ons : concessions des lignes desservant les régions à fort transit, garanties d'intérêts, etc. Tandis que, comme nous le disions dans cette Revue à 1\1.Léon Donnat, il y a quatre ans, « il n'a été laissé à l'État que les voies destinées à amener la vie clans les pays en retard (1). >) Nous ajoutions: u Il n'y a, pour s'en assurer, qu'à jeter les yeux sur la carte des chemins de fer français. Ceux de l'État sillonnent surtout les pays <leproduction agricole, de transit faible et onéreux. On comprend du reste qu'en dépit des garantie.· de dividende les compagnies exploitant le transit français préfèrent les lignes de rapport à cette simple garantie de dividende, quitte à pleurer misère et à réclamer <1uandmême, lorsque leurs frais généraux et les retours de bâton administratifs paraissant avoir absorbé la part destinée aux actionnaires et obligataires. « De plus, qu'une compagnie fasse de mauvaises affaires, pour peu que ses directeurs aient des accointances avec les meneurs de (l) M. Donnat et la m<!tl1odc, n• <lu 15 mars 1886.

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