La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LE DROIT ËCONO~IIQUE la politique, ils se fei'ont racheter leur ligne par l'État, quand bien même cette ligne ne devrait jamais créer un sou de richesse par la circulation. « En Yoici un exemple entre cent : La compagnie du chemin de fer de Benson à Saint-Bonnet-le-Château ayant été aménée à la faillite pour des raisons qui n'ont pas à être examinées ici, la ligne fut mi. e en vente aux enchères potw ti-ente 1nille {1·ancs et ne trouva pas d'acquéreur. L'État l'a rachetée pour trois millions. » Et nous n'avons pas entendu la protestation d'un seul rédacteur du Journal des Écononiisles, non plus que de l'Éconmniste {1·a11çais. C'était bien le cas ou jamais, cependant, de sortir les indio-nations . 0 clichées contre l'Etat-Providence. IY Conclusions. Le remplacement des monopoleurs particuliers de la richesse sociale par l'organe naturel de la société, c'est-à-dire l'État, n'est pas seulement devenu une nécessité que comprendront ceux qLlÎ auront lu les articles précédents, mais aussi une mesure conforme au droit social, dont le droit économique est la pierre angulaire, puisque c'est à cette seule condition que pourra se réaliser le contrat économique. A la lutte anarchique pour l'existence doit succéder l'association pour la lutte contre les forces et le::;fatalités naturelles, et il n'est pas de centre d'association plus caractérisé que l'État. Est-ce à dire que toutes les forces économiques <.lupays doivent être centralisées entre les mains des administrateurs publics? Non, c'est là une question de mesure, et aussi de temps. Il va de soi que les organes importants de circulation et de crédit doivent être les premiers nationalisés. Il Ya encore de soi que l'f:tat ne peut se substituer aux particuliers que lorsque ceux-ci, ou sont impuissants à assurer les services sociaux dont ils ont pris la charge, ou menacent la liberté et la sécurité des autres membres du corps social. Nous ne traçons pas ici un tableau de réorganisation sociale; nous indiquons seulement la tendance des faits et la nécessité qu'il y a de les harmoniser aYec les intérêts de la collectivité humaine. Donc, que l'État soit producteur direct ou qu'il soit le propriétaire du capital concédé à des associations de producteurs, ln. n'est pas la question. Qu'il soit nécessaire de laisser subsister entre les producteurs et les groupes de producteurs une concurrence débarrassée de ses effets meurtriers et ne conservant que ses indispensables

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