5::18 L.\ HE\'UE SOCI.\LISTE trop fa<.:ileplaisanterie qui con:-.iste à dire <1uela politique est la carrière ck!"déclassés des autres profcs~ions, plai ·antcrie d'ailleurs un peu j11stifü·epar les tâtonnements d'un peuple qui organise péniblement sa lihe1·té pPlitique, et nous nou:- convainc-ronc;qu'en fait général la politique tencl à utili:--e1·toutes ses Yalcurs dans leui- ordre hiérarchique. Les littérateurs, plus artistes c1ucpenseurs, daubent volontiers sui· les hommes politi<1ues, leu1· trouvent l'e:-.prit lourd; les mondains les déclarent peu amusants: on leur reproche de toutes parts de n'C·tre ni artistes ni tolérants, de ne pas accepter dans leurs rangs les illustrations de la littérature, des arts et de ln. science. On oublie que l'administrntion et la législation d'un peuple ne sont pas œunc d'académie ci que tel qui s'illustre en ,·cnùant aux Américain-; des tahlcaux de cinq cent mille francs serait hien embarrassé s'il lui fallait apporter un a,·i:-;éclairé sur les syndicats de communes ou les lois d'assurance mutuelle. IL - P1·ivdè9es nécessaires. Donc.:,il faut, pour rapprocher le plus possible les rapports é·t.:onomiqucs de la réalité du contrat, que les parties contractantes soient mises dans <les conditions de li l>erté et d'égalité aussi complètes que possible. C'est lù l'u'unc des pouvoirs publics; plus ils sont l'expression de la Yolonté sociale, plus grande est leur tendance à intervenir dans les relations du travail et du capital. Alors survicnnt'nt les partisans de l'indépendanée économique, adversair(' réels de la liberté du produ<.:tcur. :\.u nom de leur science <[Uiretarde d'un siècle, ils golll'man<lent les hommes et inju1frnt les faits.« Intervenir en faveul' du travail contre le c.:apital, c'est reconstituer au bénéfice des travailleurs ks privilèges abolis par la Révolution, » disent les uns. u C'est Yioler la liberté humaine, >> disent les autres. « C'est nui1·e aux travailleurs eux-mêmes, » disent d'autres. « C'est arl'êter net le progrè,;, » disent d'autres encore Aux premiers, nous réponclrnns que la Hérnlution n'a aboli les pl'ivilèges qu'en droit, puis<iu'en l'ait ils subsistent, puisque subsistent les conditions sociales qui les engendrent fatalement, ainsi que nous ayons pu le c.:onstatcr au cours des articles prt'.,cédcnts. Puisqu'il existe des pl'i,·ilèges cle fait <1uifaussent la liberté et l'égalité reconnues en droit à tous les membres de la communauté, il faut de toute nécessité que des privilèges de droit et de fait viennent l'(·,tablirl'é<1uilibreùe la balance et empêcher l'écrasement des faibles déjà spoliés, en attendant qu'ils puissent se relever et rentrer en possession de leur légitime. L'inrervcniion sociale en faveur du traYail n'est donc qu'une me-
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