La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

COUP D'ŒIL SUH LE SOCIALlSr-.lE CO "TEl\lPORAli\" 5:13 les anarchistes qui e~trevoient l'époque où les hommes, devenus toujours bons et toujours travailleurs, vivront à loisir sans la contrainte des lois dans une liberté et une égalité absolues. C'est bien de quoi à coup sûr exciter la verve caustique des découragés et des indifférents qui ne veulent rien voir au delà des étroites limites où s'a1·rête leur petite sphère d'action. Et pourtant cet idéal n'aurait pas paru inaccessible à nos pères, aux grands penseurs de la Révolution, à eux qui avaient conçu l'idée du progrès et de la perfectibilité humaine indéfinies. Sans voir si loin, je suis sûr que nous pourrions réaliser dès maintenant beaucoup de réformes pratiques que je vous ai signalées et je vous dirai en terminant: Si vous êtes prudents et habiles, si vous êtes des politiques prévoyants et soucieux de l'avenir, entrez résolument dans les voies du socialisme, car il est sage d'allel' au-devant des réformes légitimes et nécessaires, afin d'éviter que les intéi•essés, qui sont le nombre et la force, ne les arrachent un jour par la violence. - Si vous êtes bons, si vous avez au cœur le sentiment profond de la fraternité et de la solidarité qui doit unir tous les hommes, soyez encore socialistes, pour metfre un terme ù des souffrances aussi cruelles qu'imméritées et pour relever tant de malheureux fatalement condamnés à la misère ; - si vous êtes justes enfin, soyez socialistes, car l'égalité, telle que je l'aie définie devant vous, est le plus noble idéal de justice qu'un esprit élevé puisse concevoir et poursuivre. GASTO)I STIEGLEil.

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