COUP D'ŒlL Sl'R LE SOCIALISME CO:'\TEMPOHAl;'i 515 tion si défectueuse à tant d'égards n'est pas fatale, heureusement, comme le prétendent les économistes; elle n'est pas le résultat de lois naturelles immuables. Faite par des hommes, elle peut èfre changée par des hommes, et elle le sera utilement par ceux qui auront souci d'établir à l'avenir plus de justice et plus d'égalité dans les rapports sociaux et qui se fonderont sur cc principe posé par votre grand Rousseau : Les lois doivent être telles que, pour acquérir l'abondance, le travail soit toujours nécessaire et qu'il ne soit jamais inutile. C'est précisément cette organisation meilleure que cherchent les socialistes, et il me reste à vous montrer comment ils prétendent l'avoir trouvée. II Les socialistes se partagent en plusieurs écoles qui ont élaboré des solutions différentes, mais je n'en étudierai qu'une seule, celle dont les adeptes portent le nom de collectivistes. C'est la plus intéressante parce que c'est la plus nombreuse, parce qu'elle pl'éscntc une solution plus complète, mieux étudiée et q~ticontient toutes les autres. 1 Il ne pouvait < 1tre question d'un partage égal des biens entre tous les citoyens, partage qui serait injuste aujourd'hui, et qui d'ailleurs n'aboutirait point, avec notre organisation actuelle, car il serait détruit le lendemain même <lu jour où il aurait été décrété. Le système préconisé est beaucoup moins rudimentaire et ofîrc des chances de durée autrement sérieuses. Toutes Lessolutions qui ont été successivement présentées p;).r les réformateurs, dans l'antiquité ou à notre époc1ue, ont toujours eu pour base le communisme, c'est-à-dire un système qui ferait des choses non plus la propriété exclusive et personnelle de 11uelqucsuns, mais le patrimoine commun de l'humanité. Et c'est encore sur cette base que les socialistes d'aujourd'hui ont bâti leur. plan de rénovation. l\Iais cc _plan diffère notablement de ceux qui avaient été étudiés par leurs prédécesseurs. Tandis que les systèmes déjà connus étaient des rêveries plus ou moins vagues et fantaisistes, le programme mis aujourd'hui en avant a la supériorité d'être précis et bien défini. Il n'a nullement pour but ni pour effet de supprimer le capital, quoi qu'en aient dit ses adversaires, car cette suppression !:!Stabsurde et même tout à fait inconcevable. Com111ent,en effet, songer à détruire les ateliers, les magasins, ce matériel de toutes sortes accumulé depuis des siècles et que nos ançêtres nous ont laissé? •
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