LA HE\.UE SOCIALISTE elle était à l'ùge de piene jusqu'à la civilisation contemporaine? Faut-il dire a<lieu aux rêves d'avenir et répéter la célèbre parole : Vous aurez toujours des pauvres parmi vous? En face de cette école du désespoir il s'en est dressé une autre tout opposée et c'est précisément celle des socialistes. Les socialistes ont répliqué: Non; l'homme est parti pour un but lointain à la conquête du mieux et il ne va pas s'arrêter en chemin. Yous dites que l'état actuel dont nous souffrons est inévitable. Entendons-nous ; je veux hicn admettre qu'il s'est produit nécessairement. Cela veut-il dire qu'il soit nécessairement durable et indestructible? Il est inéviLable comme l'est toute pha$e d'un développement, comme la chrysalide est nécessaire avant l'éclosion du papillon. l\Iais pas davantage. Vos lois économiques sont le résultat d'une formation inconsciente peut-être; mais elles n'en sont pas moins humaines. Si elles étaient naturelles, est-ce qu'elles ne se défendraient pas toutes seules? Avez-vous jamais eu besoin <le commander au soleil de se lever à telle heure, aux saisons de revenir périodiquement, à la mer de sortir de son lit et d'y rentrer? Si elles n'étaient pas d'ordre humain, vos lois économiques, est-cc que vous auriez besoin de les protéger par tout cet arsenal cl'articles du Code qui règle d'une façon si minutieuse l'acquisition et la transmission de la propriété? Est-cc que vous auriez besoin d'une armée de notaires, d'huissiers et de gendarmes pour les faire respecter? Elles ne sont pas immuaUes vos lois économiques. Elles ont changé avec les pays et avec les époques. Tout régime de propriété est une convention valable pom· un temps, qui peut être maintenu ou aboli suivant les circom,tances et les besoins. Il y en avait un avant 1ï89. Il y en a eu un autre depuis ; il y en aura certainement d'autres encore, et si celui sous lequel nous vivons est insuffisant, il faut se hâter <lele remplacer. En résumé, ;1lessieurs, je crois Yous avoir surnbondamment démontré, et c'est la conYiction qui doit certainement être établie clans vos esprits si j'ai eu le b:)Ilheur d\;tre clair, que l'organisation sociale actuelle présente de graves défauts. Elle est féroce, puiSl{Ue,en vertu de la loi d'airain des salaires, elle voue fatalement à la pauvreté et à l'insécurité une portion considérable de l'humanité. - Elle n'est pas en rapport avec les idées d'indépendance et <l'émancipation politique qui résultent <lu suffrage universel. - Elle n'est pas fonclc'-esur la justice, puisque le capital, à peine formé par les travailleurs, passe incontinent dans les mains de ceux qui sont déjà capitalistes. Elle est incohérente, anarchique, puisqu'elle tend à faire prnduire les objets <leconsommation sans mesure, sans rapport aYec les besoins <lela population, d'où résultent une quantité considérable cl'efforts perdus et de catastrophes. Enfin cette organisa-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==