j()() L.\ REVUE OCL\LISTE lité de faire acquérir ù leur intelligence le développement normal auquel ils ont droit; et trop souvent les chagrins de voir s'anémier et périr des êtres chéris qu'une meilleure hygiène, le repos et des soins habiles mais coùteux auraient sans doute présen·és. Je ne m'étendrai pas davantage sur le tableau de cette triste disproportion, sur cette inégalité qui constitue précisément la question sociale, non pas que je manque d'éléments pour le rendre d'une réalitc'•poignante, mais le temps me presse et ces fait_ssont malheureusement si familiers que chacun les connaît trop bien. Entre ce·· deux classes, il existe, il est vrai, une catégorie nombreuse d'incliYidus intermédiaires, qui ne sont ni tt·ès riches ni tri-s pauvres, c1uine jouissent pas de tous ces bienfaits et qui ne sont pas affligés de tous ces maux, et qui c-onstituent ce qu'on appell~ la classe moyenne. Sans doute. Mais en tenant eompte de ces nuances, il n'en est pas moins certain IJU'aux extrémités de l'échelle sociale se trouvent deux grnupes bien tranché , en haut ceux qui possèdent, ceux qui ont un capital, les capitalistes ou, comme on dit, les bourgeois, et en bas ceux qui ne possèdent d'autre rl'ssource que leurs bras. Par capital, j'entends non pas, comme on fait cp1elquefois, une somme <l'argent, mais d'une ma:1ière plus générale toute chose sur lacruelle l'homme peut exercer son action pour en tirer un profit. Par exemple, la terre est un capital- parce crue, en la travaillant, on en obtient des métaux, des c6réales, des fruits, du bois. Cn atelier, une forge, une usine est un capital parce <rue, avec du travail, ils seeYent à créer des produits manufacturés. Ainsi, vous le voyez, toute espèce de produits est obtenue dans tous les cas au moyen de c<·sdeux éléments, capital et travail. Sans travail ce capital est stérile; une u"ïine ne produit rien d'elle-même. Dans les cas trop rares oü la lC'rre offre' spontanément ses fruits, encore faut-il se donner la peine de les cueilli1:. De m(;me, sans capital le travail :-;erait Yain ; sur <1uois'exercerait-il? Ainsi, capital et travail sont deux frères qui marchent de compagnie, indissolublement uni-:, :-;iuni:-;<[U'onne peut même pas les imaginer l'un sans l'autre, et pourtant ce sont deux frères ennemis. Car le capital se trou\'e accumulé dans certaines mains, celles des privilégiés, qui ne fraYaillent pas, tandis c1ueles autres n'ont pour tout bien que leur force de travail. Pourtant, comme ces deux éléments ne sauraient rester séparés sous peine d'inertie absolue, sous peine de mort pour l'humanité, ils se rapprochent et en vertu d'un contrat, le prolétaire loue son travail au capitaliste. « Exerce ton travail sur mon capital, dit le capitali:-;te; il en résultera un certain produit dont nous ferons deux parts inégales. Je garclerai la plus grosse, qui sera le loyer de mon capital; je t? donnerai la plus faible, <1uisera ton salaire. >>
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