REVUE DES LlVRES Mais ne faisons pas languir plus longtemps les lecteurs. Savez-rnus eu fin de compte pourquoi la criminalité marche à pas de géant 'i Eh bien! c'est parce qu'on n'a pas habitué l'enfant de bonne heure à 1·oir au delà. de la tc1Te, au dela. de la Yic! Tenez, à Lisieux, par exemple, la moitié des enfants ne font pas leur p1·cmièl'e communion, les prisons sont pleines ! Commrnt rnulez-1·ous que des enfants ne deviennent pas des maurnis sujets, qu and dans l'iutéricur de l'école il ne leur est pas donné une minute pour apprend re leur catél'hisme? quand l'ima~c même du Christ est enlevée des écoles pub liques? Je 11'in1·cntc rien, Yoie, textuellement la conclusion : Quand on voudra que l'école moralise il faudra: " que l'école laïque aide matériellement les enfants des familles ch1·éticnncs à s'initier à leur relif,rion, qu'elle supplée la famille en cela comme dans le reste; r1u c sans pénétrer dans le fond des choses, elle Ycillc à cc que l'enfant se mette en état de participer au culte et de faire sa prcmiérc communion. » Yoilà le fin du fin. Et n1tnc e1'1ulimi11i. Nous n'iron pas plus loin. )fous sommes édif1és ! Il ne famlrnit pas croire ap1·es cela <1ue l'auteur appartie nt à une faculté <'atholique. i\I. Henry Joly est bel et bien professeur en ~orbonnc. Faut-il donc s'étonner 'i ?-le se tient-il pas dans l'orthodoxie de la tradition î JI a écrit son li1Te pour la bourgeoisie bien pensante, dont il reflète a, ·ec un rare bonheur les 1·ues ratatinée::;, la passion du juste milieu, l'admiratio n pour la religion, le suffisant mépris du peuple et de l'ounicr, le goùt pour les grandes dis,;ertations creuses mais solennelles, le langage prétentieux, enfin, avant tout, le souci des conrnntions mensongercs et hypocrites, lrnsc s de l'édif1cc social. Ajoutez à tout cela des fa\ous pn1d'hommcsc1ucs aussi nombreuses qu e Yariées, et YOUSaurez uuc idée à peu près complète de la France c-riminelle, r1ui ne fera pas faire un pas à la Criminalogie, mais qui, ûertainemcnl, vaudra à son auteur les suffrages ùc l'Académie des sciences morales et politiques .. \insi soit-il. E. ll.\lG.\, Londra sconusciuta, pa1· Paolo Yalera. - 1 vol. in-16, Milan, Carlo Aliprancli, éditeur. Londres inconnue î Hum ! il me semble avoir déjà fait connaissance aYec la Yillc que :\1. Paola Yalera nous photographie.• Peut-être le tableau était-il moins poussé au noir, Jans le cadre où nous avons entrevu, à travers le brouillard jaune de la cité, la foule grouillante des ivrognes, des pau1Tes et des prostituées que l'auteur italien nous montre à son tour dans un ho1·izouencore plus assombri f - Quoi qu'il en soit, ces impressions sm· Lont11·essont intéressantes. Mais, je Joute que cc li1Te soit de nature à re sserrer les liens de l'alliance anglaise si obstinément poursuil'ie par i\I. Crispi et les tenants de l'Italici,(o,·te. Il est vrai c1ueM. Valera s'en moque comme d'une guign e. Il doit milme étre l'adversaire de cette alliance. li déteste trop les .-\nglais pour tenir à lem· amitié, encore moins pour en accepter des pourboire s, à l'instar de M. Crispi. Il est 1Tai que c'est peut-être à cette haine vigoureuse de tout cc qui touche à l'Angleterre, peuple, mœurs, coutumes, ciel, qu'il doit la meilleure partie de sa verve sarcastique ... Par instant, cette verve est un peu grimaçante - touj ours l'horreur de !'Anglais. Mais elle raconte des choses si drôles, -elle étale les guenilles d'une misère si profonde, d'une hypocrisie si délétère, qu'on comp rend, sans partager entièrement sa manierc de voir, les grincements de dents d e l'auteur. De quel-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==