4'JS LA HE\'UE SOCIALISTE annuel des faillites a passé de 2,000 à 8,000, et pourtant, bien loin de là, le nombre des t·ommc1·,;ants n'a pas quadruplé l Pour compléter l<' tableau, disons (jUe les suicides se sont plus accrues que la moyenne de la cTiminalité générale. Tel est le bilan moral de la France. Yoil.'t les faits. i\I. Joly cherche à nous en faire connaitre le:; causes. JI se pl'omènc ,'t kavers les départements, intc1·- rog-c les préfet:;, les sous-p1·éfcts, les évèc1ucs, les JH'ocu1·eurs, leur,; substituts, les cur{·s, recueil!,:; des paroles, des appréciations, ramasse <.les propos, de,; coufidcnces et n,>us les rapporte. ('P, sont là certainement des documents humains qui peuvent être d'une certaine Yalcur, mai:; que ).1. Joly a le tort de lc's croire capables de suffire à tout. San:; doute, dans l'accumulation des faits qu'il nous présente, il y en a cle fort intéressants; mais, eu définitive r1uellcs gi•néralisations l'auteur en retir·e-t-il, quels enseignements? En un mot, qu'apprenons-nous? ::'-iousapprenons qu'uuc des grandes causes de l'accroissement de la criminalité en Fraurc c,-t l'a1Ti,·éc de nombreux étrangers qui, ioin de leur mère patrie et à J'ab1·i " des yeux des sun-eillants et des guides de leur jeunesse» succombent facilement. ~ous apprenons <'.•g-alemcnqt ue les Fl'ançais qui se déplacent, et émigrnut dans d'autres départements sont dans un état d'isolement annloguc à celui des kavnilleurs étranger,:, que Pnris est le <·entre de pen·cl'sité, que les ~rand es ,·il les et leul's en,·irons sont les zones où s'ébl1orcnt les crimes. J-:ufin nous apprenons que la prison d'aujourd'hui « est le lieu où J'aptiluclc il la 1·éit(·ration du délit se consolide et se perfectionne», (jue la diminution de la ,·ic de famille est une cause de la précocité des délin- (1uant ·, etc ... ::\'ous lisons, il est nai, plus loin, que l'action des milieux sur le crime est une illusion, que le milieu est en somme une chose inerte et que c'est l'homme qui le crée par sa vertu et ses ,·ices. Comme contradiction, voilà qui ne lais. c rien ;'t désirer. l\Iais l'auteur, après ces dé,·eloppcmcnts, ne s'en froltc pas moins les mnins en s'écriant, a,·cc un air de contentement ,\. peine dissimulé: « Que dc,·iennent donc maintenant les conclusions de l'l::colc d'anthropologie c-rimincllc? Que dcYient le fameµx type criminel de Lombroso? » A la vérité, si i\1. Lombroso n'avait pas de plus redoutables advcr~aircs, ses théories ne s'en porteraient pas plus mal. (Juc relate en effet ).l. Joly? Des effets pour des causes, des pétitions de principes. Ses explications se résument en un q11i11 /ac it dormire pe1·pétuel. Et cc n'e;st pns seulement l'école italienne qu'il pourfend ainsi! 'fout le monclc y pnssc. On a pari(·, dit-il, de l'influence de la misérc su1' le crime! Quelle prétention! D'nbonl, il y a mi;;èrc et misère. Il y a la misi:rc qu·o11mérite et 1·eJlc11u'onne mérite pas. La première seule engendre le crime. Car ceux r1ui y tumuent sont ou des amis du plaisii·, ou des imprudents, ou des impréwlyants. Yoilà. pourquoi, dirons-nous, YOtrcfille est muette! Car si i\I. Joly était un pc-u plus au courant de l'é,·olution et <les conditions économi11ucs dans lesquelles se dl\rnloppc et dépél'it le prolétariat, il saurnit mieux comment nait la misère et reconnallrnit qu'elle a'c~t pas une quantité nussi négligeable - les criminels ou délinquants, comme on l'a dit, sont p!us ou moins des dégénérés, des vaincu'> de la lutte pour l'existence, des ètrcs en proie à la misère physiologique, engendrée, elle, la plupart du temps, par le surmenng-e, par l'in uffisance de nutritiou, par des priv,Llions, etc ... !\lais l'auteur cnlizé dans sou ineurable éclectisme, n'a pas à poussc1' ses recherches de ce c,Hé. Un bon cousinien n'est jamnis à court <l'&rgumcnts, les vues de l'e,-prit rcmplac;ant les réalités. Un niminel, un cléli11(1uant,n'est-il pas, aprés tout, porté à la méchanceté surtout par sa faute, il est libre. Avec le concept du libre-arbitraire, on vient à bouL clr tout.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==