La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

43.'i L.\. RE\"UE SOCIALISTE tc0tl à réduire la jouméc de trantil ù huit heures. (Rires sur dir:ers bancs.) i\I. FEP..1t0u1..- i\lais d'autres y ont intérêt! ::\I. LE i\l1:--1STllE-. Quaut aux ou,-ricrs employés dans les manufactures de l'l·'.lal,, je n'en counais pas dans mou département, et, par suite, je n'ai ù prendre aun111c nwsurc à leur égal'd. A cc double point de n,c, il m'est donc impossible de répondre à l'honorable ~I. Fcrroul. i\Iai!>je me JJCl'mettrai, !=;'il e YCULbien, de lui indir1ucr l'opinion r1ue je suppose ê•t1·ccPllc de Lous mes collegucs du gouYernrnwnt. (Sourires.) 'ous 11'al'r·ordcrons pas (le congé, le l" mai, à des employés et ou\Tiers qui n'en dcmandrnt pas, et, puisque :i\I. Ferroul a mis plus particulicremcnt en cause le :.linislre de l'intérieur, je ne puis que lui 1·épétcr cc que je cli ais hicl' ;1 l'honorable :.1. Grangcr. Si confiant que je sois dans le bou sen:; des ou,.-iers et bien que j'aie dans cc bon sens plus de confiance que beaucoup d'autres ... r T,·és hien .' très uien ! au ce11/1•eet ci gauc/ic.) i\I. Gn.,xGER. - Prou,·ez-lc! i\J. LE i\1I:s1sT1rn.-Je le prou,·erai en écoutant aYcc sympathie les réclamations des ounirrs lorsqu'elles se produiront, dans la forme où clic• doiYcnt se produire; mais je n'admets pas que iles 1·éclamations, si clics sont juste,-, aient l1c,;()in d'être appuyi•cs pa1· des manifestations de nature ù troubler la tranquillité pulJliqur; et si j'ai pleine c-onfiancc dan,; le bon Rens des ou,Ticrs, j& n'en a('c·orde aucun<' à c·cux qui, n'étant pas ou,Tiers, ne l'ayant jamais été, se mi·lcnt aux manifestations ouHières. ( Vifs applaudi:;sements au centre et à [JCluclie.) i\J. B.,uDJ:'s. - ).JouRieur le i\JiuisLrc de l'into'.•rieur, ce sont de.~ our:riers qui mw1ifesteronl le l•• mai, et ils n'auront rien de comnwn arec les eésa1·ie11s et les hfJulr1~~1e.~. Ri,·es etr1pplarali.~~r:mant à uauclie. - Inte1·ruptio11s 1>lll' quelques brtn<·s ù l'e.rtrémité f/Ctllf'he <le ln salle.) M. LE P1lJ'.:s1DE:sT- . Xe jetez pa,; le !,rouble clans Yotrc propre sein! (011 1·it.) (Des interpellations bruyantes sont, échangées entre plusieurs mcmlJrcs à l'extrémit,._ µ-auchc de la salle.) i\J. 1.EPnÉSIDENT.-Je ,·ous en prie, messieurs, Yeuillcz faire silence; r1uoiquc utile, il faut que cet cnseig11eme11t ait son terme. 1\1. LE i\l1N1s-rni-:-. Je n'ignore pas que cc sont des ouYriers qui ont l'ini,cntion clc fail'c une manif,.station; mais cc qui est non moins ccrt,ain, c'est que des partis politiques en quê•Lcde désordre se proposent de se m.:•ler ;\ c·cs manifestations, et, je le répctc, c'est là le mot,if pour lequel le gou,·crnemcnt, est IJien dér·idé à ne pas les toli•rcr. (Tré.ç bien! très bien! ci [JCWehe.·, i\l. GnANCEH.- 1\1. Rouhcr parlait ainsi! M. LE ).J1N1STRE-. Ces explications, je les aYais di•jà données hier ù 13. Chambre, je n'en remercie pas moins l'honorable i\J. Fcnoul de m'aYoir fourni l'occasion d'affirmer il nouveau des opinions <rue je ne modifierai pas. (.lpplaurli.sscments.) l\J. LE Pn1::s1nENT.- La parole est à ).J. Fcrroul. l\I. Frn.1t0UL. - ).J. le :i\linistrc de l'intérieur nous a dit qu'il accorLlait sa confiance aux ou\Tiers, mai,:; non ;\ ceux qui ne le sont pas. Je ne comprends pas alors qu'il la refuse aux hommes qui ont pris les décisions du congres international, puisqu'ils {>taicut tous ouvriers ou représentants d'ounicrs (Exf'lcunation.ç irollique.~ à gauclte.l Ceux qui u'{>taicnt pas trarnillcurs manuels étaient en infime minorité. Il y a ,·ait là, sur 200 délégués franç-ais, 180 ou ni ers représentant 500 ou 600 syndicats et corporations. Il y arnit, parmi les délégués étrangers, des membrcs des parlements italien, allemand, hollandais, belge et anglais qui représentent ces parlements les intérêts du travail.

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