La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

MOUVEMENt SOCIAL EN FIUNCE ET A L'ÉTRANGER 485 Et nous-mêmes, qui venons ici poser la r1ucstion à l\f. le l\linistrc <le'l'intérieur, c'est au nom des représentants. <les syndicats, qui ne pcurnu t pa. le faire; que nous Ycnons ici apporter leur demande. Quant à nous, nous nou dégageons cntiêrcmcut de toute idée politique. Nous pl'étendons ne l'Cprésente,· ab8olwnent qtw le lN.wail, ne o ouloi,• faire que le ajf'aires <lu t,·acciil et répudier toutes les questions polit iques qu'on r:oudl'ait mêl<!r à ces manffestations et à nos aj)êii,•e::;. l\I. Gorrnnox. - i\Iais Yous ne pouyez pas empêcher certaines gens <le se joindt'C :t , ous. l\I. FEnnour,. - Yous me permettrez cependant de dire cc que nou s peuson et cc que nous ,·oulons. l\I. tmLE FERRY.- Avcz-,·ous un métier, monsieur Fcrrou!. l\f. FEHnOUL, - Et Yous-mêmc? ... :-;i je !'uis né dan la bourgoisie, je n'étais pas obligé d'y rester. J'ai quitté la bou1·gcoisie pour aller au peuple et pou1· restc1· avec lui. (.1lpplaucli.qsements su,· quelque.q banc.~ à l'e..clrême vauche. - n,·uit.) 1\1. J'.:mLE FEnnY. - Yous parlez des Ou\Ticrs, mais YOus n'a,·cz jamais été OUYl'iCr. l\I. LE Pni,srnENT. - Ycuillcz no pas interl'Omprc. l\I. F1-:1tnOUL.- Ce que je dis est-il juste ou ne l'est-il pas? \'oilà cc q ue YOus a,·cz ù discuter. Je n'ai pas été (·lu sur le tcl'rain politique, j'ai été élu comme socialiste; c'est, comme tel que je siège ici, et je prétends y reJll'éscntcr les ou1-rier:s. l\f. le l\Iinisü·e de l'intérieur nous a parlé de,, employés de l'État qui no t raYaillent que sept heures et qui, d'ap1·cs lui, n'ont aucun intérêt à prendre part aux manifcstatio11s et revendications; il oublie un des termes do la trilogie républicaine, celui de la «fraternité"· Ceux qui ne tra1·aillcut que sept heures doi1·cnt s'estimer trë,, heureux; mais plus ils sont heureux, plus il: ; doi,·cnt penser ù, ceux qui tra1·aillent douze heures. La fraternité est une Ycrtu ahsolumcnt socialiste, et c'est pcut-è't.1·cpour cola CJ uc ir. le 1Iinistre do l'inté1·icur n'y a pas pcnsu. (B,•uit.) Pout· cc rtui c,,t de ses <léelarations touchant la manifostation du 1•• mai, je n'ai qu'un regret à exprimer : c'est quo la tracliLion 1·é1·ol11tionnai rcait été oubliée;\ nn tel point que la France, qui autrefois portait à J'é(ra11gcr la liberté, en soit aujourd'hui réduite :°L cnYicr celle dont jouissent les sujets du roi des Belges et do la reine d'.\nglctcl'l'e. (.lpplaudissements ::;iu· plusieurs bancs û l'eœtrême vauc/1e.j 11. LE P1tf:s10E;o.;T.- L'incident est clos. La joumée cle travail. - C'est à titre de simple document que nous reproduisons la statistique suivante, tirée du Monitern· cles Finances. Il aurait été constaté quo sur l'ensemble dos ouvriers il y en a,· ait en France: 2.790 trarnillant moins de 8 heures, soit. 0.73 0/0 5.817 pondant 8 1.51 - 12.0îl () 3.1.f - 161.1()3 10 4Ul3 - 54.717 11 14.25 - 133.431 12 34.74 - 14.046 plus de 12 3.66 -

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