La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

MOU\'EMENT 80CIAL EN FRANCE ET A L'ETRANGER 48::l Au point de Yue pratique, un exemple suffira pour démontrer à quoi on arri,·c eu réduisant les heures de tram.il. Ou objecte f"J.UC cetl-0 réforme produil'ait une certaine perturbation dans la production, d:ws les relatio ns commerciales et industrielles; mais qu'on jette doue les yeux sur l'Auglcterrc, qui est le pays du monde où la journée du travail est la plus courte; l'.\n glctel'l'c se trouve précisément avoi1· l'outillage le plus pcrfcctionué et occupe r la première place sur tous les marchés du monde. Apres al'Oir justifié la réclamation des ouvriers et des travailleurs, les membres du congrès ont décidé de faire connaitre aux poul'Oirs pub lics, par les moyens dont ils disposent, leurs volontés et leurs rc,·endications. A cet effet, ils ont décidé que le l" mai une manifestation aul'ait lie u dans tous les pays du monde, pour appuyer leurs rcrnndic:üions, pour manifester leurs volontés et Jeurs besoins. Et la condition essentielle de cette manifestation a été nettement cxpl'iméc: il a été formellement entendu que c ette manifestation serait absolument pacifique. (Jlourements diccr .) C'est pour cehl. qu'on n'en a pas réglé la forme; clic a été laissée au choix <les tra,·aillcurs des di,·c1·s pays, afin qu'on pùt la conformer aux co nditions part,iculicres à chacun d'eux. En Angletcrr<', en Belgique, en Hollande, en .\llemagne, aux États -Unis, partout, cette manifestation sera éclatante: le monde des tra,·aillcurs se lc,·era cc jour-là tl'è» pacifiquement, je le répcle; il montrera r1uellcs sont ses rnlontés et combien il y a d'hommes derricrc ses rnk•ntés. Il est, croyous-nou , impossible qu'en France, sous· le régime répul> licain, les traYaillcurs, se tenant à l'écart de toute compromission politique, ne puis•• sent pa • jouir de la même liberté dont jouiront les ouvriers des pay s uil'angcrs (Tl'ès bien! très bien! sur dù:ers bancs à l'e,ctrême ffattcl,e), et e·c. t pour cela que j'ai l'honneur de demander à 111.le ministre de l'intél'icul' quelle est l'attitude que le gouYernement compte prendre Yis-ù-YÎs des ouHiers des manufactures de l'Üat, s'il compte respccte1· leur liberté et leur dl' oit d'appuyer la réclamation de leurs camarades de l'industrie pri,·éc, san s qu'ils aient it encouril' le rcm·oi ou d'aut-rcs pciues. (Applaudi.~::!ements sur le' mêmes l,ancs.) M. 1.E P1u::s10E:-T. - La parole est à M. le ministre de l'intérieur. l\I. Coi-.s-r.,;s;s,ministre de l'intérieur. Messicur!', pour réduire à ses termes primitifs la question de l'honora bic l\I. Ferroul, je ,·ais YOusdonner lecture de la lettre par laquelle votre collcgue m'a fait l'honneur de m'informer qu'il me poserait sa question : " J'ai l'honueur, m'écriYait-il hier, de Yous préYcnir que, d'accord ave c mes collègues du groupe républicain socialiste de la Chambre des députés, je vous poserai demain une question sur le point suivant: « Étant donnée la décision prise par les travailleurs de tous les pay s de manifester le 1., mai 1 90 en faveur de la journée de huit heures, quels ordres le gouvernement entend-il donner pour assurer aux employés et aux ouHiers de l'État la liberté de se joindre ù leurs camarades de l'industrie pri,·éc? » (Eœclamations et ri,-es au centre et à dl'oite.) l\f. B.\UOIN. - Ces messieurs parlent toujow'& cl'améliore,· le sort de, ouoriers, et ils rient chaque fois qu'il en est que,:tion ! M. LE MINISTRE DE 1.'1NTÉnIEvn. - JI s'agit donc de savoir si le gouverne· ment accordera. un congé, le jeudi l•~·mai, a.ux employés de l'État et aux ouvriers qui sont occupés dans ses ateliers; et, dans ce cas, je ne m' explique pas pourquoi l'honorable M. Ferroul m'a fait à moi, ministre de l'intérieur, l'honneur d'adresser sa question. l\fes employés traYaillent sept heur es; pa1· conséquent, ils n'ont aucun intérêt :i. prendre part à une .manifestation qui

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