44 LA REVUE SOCIALISTE suivmit en cette œuVl'ela piste même de la monopolisation, on organiserait d'aborù le traYail industrjel, puis le ti-avail commercial pour terminer par le t1•ayailagricole. « Dans la nouvelle organisation, chaque travailleur disposerait librement de la rémunération à lui attribuée par son travail. » C'était lumineux. S'inspirant de la même iùée générale, l'ami et l'émule de Pecqueur, François Vidal, insistait sur le bien fondé de ce programme socialiste que l'on ne qualifiait pas encore de collectiviste et sa critique socialiste de l'individualisme nous donne un avant-goût ùc la critique lassallienne : « Le travail est deYenu une marchandise tous les jours plus offeete et tous les jours moins demandée, une marchandise que le capital achète au rabais. Le travailleur, affranchi de la glèbe et ùes corporations, est désormais attaché à rusine et le moment est pl'oche peut-être où l'on pourra s'en passer. Bien plus, l'homme est devenu un simple accessoire de la machine, une annexe à la chose, il lui est subordonné, il est en quelque sorte dominé, possédé par le capital. L'ouvrier ne s'appartient plus, il a perdu toute indépendance, en perdant toute sécurité; il est à la merci du capitaliste, il en dépend, il n'est plus qu'un simple instrument de production, un instrument dispendieux que l'on s'efforce incessamment de supprimer par économie. « Quand vient la demande de bras, les ouvriers accourent en foule; quand la demande cesse, la faim, la misère tuent les surnuméraires; ainsi se rétablit l'équalibre. Quand la population ouvrière surabonde, elle ne déborde pas - comme l'eau hors de vase - elle meurt. Alors, selon l'expression de Ricardo, à force de privations, le nombre des ouvriers se trouve réduit et l'équilibre se rétablit. La nature, dit Malthus, leur commande de s'en aller, et elle ne tarde pas à mettre cet ordre à exécution. « Ainsi donc le minimum de subsistance est le taux normal des salafres. Les salaires gravitent vers ce minimum fatalement,comme le liquide vers son niveau - c'est la loi. » « Il ne s'agit pas seulement aujourd'hui, disait-il plus tard, de rédiger une constitution politique, il s'agit encore et surtout de décréter la cha,·tedu trnvail et de l'industrie, la véritable charte du peuple, la grande charte des sociétés modernes et cela au nom de la justice économique. » Plus loin, une idée nette du fait, depuis mis en relief par Rodbertus et Man:, que le capital auumulé n'est guère que la plusvalue d'un travail non payé et approprié indûment par le capitaliste : « La fortune, dit-on, s'acquiert par le travail. Oui, mais surtout
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