LES PRÉCURSEURS DU SOCIALISME MODERNE 43 par la eommençante épopée, cles chartistes anglais, le proléta riat occidental signifiait que si les cités idéales do l'utopie charma ient son imagination, des projets pratiques de réformes économiques immédiates feraient encore mieux son affaire. 11 Nous vous prions « au nom de la justice et de l'humanité, disaient, en 1831, aux << ministres de Louis-Philippe, les travailleurs de Lyon maitres p ar u la. force des armes de l'Hôtel-dc-Ville,nous vous prions de voul oir u bien présenter au Parlement un plan d'organisation du trava il, « tel que le fruit de nos sueurs ne devienne pas le partage exclu sif << de quelques privilégiés. n La même demande s'adressait aux socialistes. Plusieurs de c es derniers comprirent qu'il était temps de chercher un principe s ocill 1 commun et d'énumérer l'ensemble des réformes qui en découlen t. La voie était déjà ouverte par Constantin Pecqueur. En 1838, en effet, sur la proposition d'Adolphe Blanqui, l'Acad<!miedes scienoesmorales et politiques couronna un livre de Pecqueur portant ce titre un peu long : Economie sociale des ,·ntérêtsdu commerce et de l'fodu1trie et de la civilisation en général, sous les applications de la vapeur. L'Economie social9, en deux forts volumes, n'est que le développement par Pecqueur de cet irréprochable thème collectiviste que nous reproduisons, en abrégeant : « S'il est nécessaire, au nom du salut social, de sortir de l'individuafüme bourgeois, fauteur de spoliation ùu plus grand nombre au profit de quelques rapaces et de quelques mieux armés, bref, d 'exploitation de l'homme par l'homme, c'est-à-dire d'injustice, de se rvitude et de misère, il ne faut pas pour cela tomber dans un communisme qui sacrifierait la liberté individuelle. c La solution est dans la socialisation graduelle des capitaux productifs ou; en d'autres termes, do la matière et des instrume nts de travail devant être employés, non directement par l'Etat, mai!". par les associations contrôlées par l'Etat et lui payant redevanc e. « On devrait commencer par la socialisation de la Banque do France et du crédit en général; continuer par les chemins de fer, les mines, cavaux, etc. Ainsi outillé, l'Etat pourrait c1·éditerla rgement les travailleurs corporativoment organisés et opérer sans secousses la substitution ùu travail associé au travail salarié. On secrètes les plus révolutionnaires, Il les imprégnait toutes de communisme babouviste. Il gagna à son idéal des hommes comme Barbès, Blanqui, Chules Teste, Voyer d'Argenson; Laponneraie, Martin Bernard, Caussidière, Meilland, Nettré, Dans la proclamation, que l'émeute un moment triomphante d u 12 août 1839 put faire afficher à l'Hôtel de Ville,on trouve cette phrase qui est de Blanqui,ct qu'on pourrait croire de Sylvain Maréchal:« Périsse enfin l'exploitation et que l'4gœltti ,•aueyc triomphante 1ur la dtbria de l'arietooratic et de la royauté, n
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