LES PfiÉCUnSEUns DU SOCIALISME l\IODEl1NE 45 par le travail ~autrui. Une façon <lerobe est payée 60 francs. Une ouvrière fait toute la besogne et reçoit 15 francs, tan dis que la tailleuse en renom,·sans avoir mis la main à l'œuvre, touchera 45 francs. Comment cela pourrait-il s'appeler? Un entrepr eneur se charge de faire confectionner pour l'armée 100,000chemis es dont on lui fournit l'étoffe et il traite à raison de 75 centimes; pu is ensuite, il cède son marché en détail à de pauvres femmes auxquelles il donne seulement 35 centimes. Comment cela s'appellet-il? Cela s'appelle aujourd'hui faire le commerce, entr·eprendre la c onfection, gagner de l'argent par son travail et par son industrie!!. . . » La précision pratique manquait toujours. Louis Blanc l 'apporta dans l'éloquente brochure sur l'O,·ganisation du travail qui,tels sont les privilèges du talent fayorisé par les circonstances, imp re sionna si puissamment l'opinion démocratique et remua le proléta riat dans ses couches les profondes (1). (1) Les propositions de Louis Blanc valent d'être encore méditées et malgré leur longueur nous les transcrivons, en les recommandan t à l'attention des législateurs socialistes que la confiance populaire a portés au Parlement : ARTICLE PREMIER, - Il serait créé un Ministère du Progrès, dont la mission serait d'accomplir la Révolution sociale, et d'amener graduellement, pacifiquement, sauf! secousse, l'abolition du prolétariat. ART. 2. - Pour cela, le Ministère du Progrès serait chargé: 1 ° de racheter au moyen ùe rentes sur l'Etat, les chemins de fer et les mines, 2° de transformer la banque de France en banque d'Etat; 3° de ceotral iser, au grand avantage de tous et au profit de l'Etat, les asRurances: 4° d'établir, sous la direction de fonctionnaires responsables, des vastes entrepô ts où producteurs et manufacturiers seraient admis à déposer leurs marchandises et leurs denrées lesquelles seraient représentées par des récipissés ayan t une valeur négociable et pouvant faire office de papier-monnaie, papier-:monnaie parfaitemen t garanti, puisqu'il aurait pour gage une marchandise dét erminée et expertisée; 5° enfin d'ouvrir des bazars correspondant au commerc e de détail, de méme que les entrepôts correspondr"icnt au commerce en gro s. ART. 3. - Des bénéfices que les chemins de fer, les mines, le s assurances, la banque rapportent aujourd'hui à la spéculation privé e et qui, dans le nouveau système, retourneraient à l'Etat, joint à ceux qui résulteraient des droits d'entrepôts, le ministre du progrès composerait son bud get spécial le Budget des travailleurs. AaT. i. - L'intérêt et l'amortissement des sommes dues par suite d es opérations précédentes seraient prélevés sur le budget des travailleurs ; le reste serais employé: 1 ° à commanditer les associations ouvrières ; 2° à fonder di,s colonies agricoles. ART. 5. - Pour être appelées à jouir de la commandite de l'Etat, les associations industrielles ou agricoles devraient étre instit uées d'après le principe d'une fraternelle solidarité, de manière à pouvoir acquérir, en se déve• loppant, un capital COLLECTIF, INALIÉNABLE ET TOUJOURS GROSSISSANT; seul moyen d'arriver à tuer l'usure, grande ou petite, et de faire que le capital ne fût plus un élément de tyrannie, la possession des instrumen ts de travail un privilège, le crédit une marchandise, Je bien-être une exceptio n, l'oisiveté un droit. AnT. 6. - En consé4uence, toute association industrielle ou agricole, vou•
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