474 LA RE\'UE SOCIALISTE pour les <léshérités du sort? A défaut de réformes accomplies par la voie législative ou par une révolution violente, impossible dans l'éLat actuel des choses, ne peut-on compter sur le progrès que réalisera par lui-même et sans le secours <lu Storthing un peuple plus dérnué qu'aucun autre aux idées d'égalité et de solidarité ? Il n'existe pas de pays en Europe où les barrières de classes se soient aussi vite et aussi complètement abaissc'•es. De honne heure, toute distinction s'effaça entre les seigneurs norvégiens et leurs vassaux, et en 1822, quanC:.fut déc1·étée l'abolition de la noblesse, il ne restait plus c1uevingt-deux nobles. (luiconque a lu l'histoire des expéditions norman<les, aurait <ruelque peine à se douter que ces chefs de pirates, une fots rentrés dans les forêts de la Scandinavie, se transformaient en rois de mœurs paisibles, qui tendaient volontiers à leurs sujds une main secourable, et faisaient <leleurs petites filles les compagnes de jeux des petits paysans (1). Les documents de l'antique histoire norvégienne attcstenL à quel point cc même peuple a de tout temps possédé l'esprit d'association. Le professeur l'appenheim, de l'Université de Kiel, nous montre, dans une de ses remarquables monographies (2), les compatriotes des Yicux rois scandinaves formant entre eux des as:;ociation~ commerciales et maritimes (/'èlau), auxquelles participaient nobles et vilains, et dont les bénéfices se répartissaient souYent entre plusieurs centaines d'associés. De la part d'un peuple possédant à. un aussi taut degré l'a1uour de l'égalité et le sentiment de la solidarité humaine, il y a auLre chose à attendre que des révolutions violentes et des insurrections noyées dans le sang. J.\C'(.lL'ES TRIGAc\'T-GE:ŒSTE . .... (1) \'oi1· ~luLLrn, Saf1auiuliotecl,, t. JI, p. •10. )Iole <Titique. \:?J Zeilslltl'i/tjïil' das ueswnmte llcmdcb,•edtt; 18tl9, p. 81 et sui\·.
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