La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

472 LA HE\"UE SOCIALISTE comité de défense à Stavanget·, semblent donc unis par la pensée commune de faire de la Nonège une puissance militaire. Les socialistes sont au contraire restés sourds aux avances qui leur ont été pl'o<liguée.s par les promoteurs du mouvement. Au cours d'une 1·éunion tenue à Christiania pendant la première semaine de décembre, un ordre du jour proposé par le capitaine Lowzow et ainsi conçu: « Les personnes présentes, convaincues qu'il est urgent d'activer par tous les moyens l'armement du peuple norvégien, sont prêtes à s'imposel' tous les sacri ftces nécessaires pour atteindre ce but )), a été repoussé par trente-sept voix contre trente et une. La réunion a finalement adopté un ordre <lnjour de Jeppesen séparant nettement la cause du pal'ti socialiste de celle des partis bourgeois, et adjurant les citoyens de refuser leur concours aux faux patriotes qui ont pl'is pour idéal le militarisme prussien. Telle a été l'entrée sur la scène politique du parti socialiste norvégien. Comme nous venons de le voir, son action s'est surtout exercée par l'appui qu'il a prêté aux grèves et par la résistance qu'il a su opposer aux exploiteurs de patriotisme. Il est juste également d'attribuer dans une certaine me.sure à son influence un fait qui mérite de ne pas passer inapet·çu. Les journaux parus à Christiania dans les derniers jours de l'année 1889 nous ont appris la fondation <l'une caisse générale de pensions populaires, la Glitne (brillante). L'initiative en a été prise par divers membres du parti radical auxquels les socialistes ont prêté le concours le plus actif. Le capital de fondation, fixé à quatre cent mille couronnes, a été souscrit dans l'espace de qnclcrues semaines, sans qu'un sentiment autre que celui de la solidarité ait dicté leur conduite aux souscripteurs. Les personnes qui ont apporté leul'S économies à la nouvelle œuvre, dans le but d'assurer un peu d'aisance à leurs vieux jours, appartiennent poul' la plupart à la population ouvrière, et à cette pal'tie àe ia petite bourgeoisie chez lar1uelle la vieillesse apporte la gêne et quelquefois la pauvreté. La caisse de retraites servira une pension aux vieillards et aux infirmes, et une quote-part de revenu social sera tenue en réserve pour permettre de venir en aide aux orphelins. Cette initiative des particuliers désireux d'alléger eux-mêmes leurs propres misères, mérite d'autant plus d'être encouragée que les pouvoirs publics paraissent, à l'heure actuelle, peu disposés à prètcr l'oreille aux projets de réformes économiques. Dans le nouveau Storthing, élu au mois d'août 1889, les libéraux forment une minorité incapable d'acquérir une influence sérieuse. La droite pure possède au sein des deux chambres (le Lagthing et l'O<lelsthing, dont la réunion forme le Storthing), cinquante-deux voix sur cent quatorze, et le concours du parti ministériel, dirigé par MM. Joabeck et Oftedal, ne lui fera certainement pas défaut chaque fois

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