4ï0 LA nE\'UE SOCIALISTE borné le rôle du parti socialiste norvégien pendant l'année qui vient de s'écouler. Il a nettement pris position contre les représentants du militarisme naissant, et cherché à enrayer un mouvement qu'ont su dériver à leur profit conservateurs et ministériels. On sait quels efforts ont été tentés dans ces derniers temps par la SuèJc dans le but de dcYenir une puissance militaire. De nombreux comités se sont formés à Stockholm et dans les autres Yilles suédoises, pour rassembler les fonds nécessaires à la défense d'un territoire que ne menace aucune guerre, même lointaine. Il semble que cc vent de chauvinisme ait franchi la chaîne de montagnes qui sépare les deux peuples frères. Les colonnes des journaux norvégiens sont envahies, depuis quelques mois, par les listes de souscriptions patriotiques. Dans une réunion tenue à Christiania vers les premiers jours du mois de novembre, on a décidé la formation d'un comité exécutif, composé de dix femmes et de cinq hommes, chargé de recueillir les offrandes et d'assurer les ressources nécessaires pour la mise en défense du littoral. Cet exemple a été sui,·i clans tout le pays, du Christianiafjord au cap Nord. Friderikshal<l, Arendal, Drontheim, Stavanger, Tünsberg, se sont signalées par leurs largesses, et la dernière de ces villes semble avoir voulu prendre la tête du mouYcment en donnant aux manifestations du patriotisme norvégien une forme plus acerbe. Un cercle d'action s'y est formé, sous la présidence du consul Alf l\Ionsen, dont le discours d'ouverture a ravivé la vieille haine contre la Suède qui couYe au fond du CLf'Ur de tout hon patriote non·égien. L'orateur s'est complu à retracer les dangers qu'une guerre avec le peuple frère ferait courir aux cités que baigne le Christianiafjord. Il a montré à ses auditeurs aYec quelle facilité une fiotte mal intentionnée pourrait réduire en cen<lres la Yille de Tiinsbcrg, dont la rade et les établissements maritimes représentent un capital de treize millions de couronnes. 1\11\I. Lowsow, premier lieutenant de l'armée de terre, et Bürrcscn, premier lieutenant de l'armée de mer, ont renchéri sur le consul Alf :-ironsen. L'un et l'autre ont démontré à granJ renfort d'arguments que la côte norvégienne, en raison de son étendue, pouvait être difficilement défendue UYCC les seules ressources du gouvernement de Christiania Aux citoyens de construire, à l'aide de leurs propres deniers, des ouvrages suffisants pour tenir l'ennemi à distance! Et ce mouvement va se propageant de jour en jour! Les futurs historiens de la Non·ège, car ce pays paraît destiné à posséde1· avant longtemps une histoire qui ne soit plus un chapitre de l'histoire de Suède, daigneront peut-être rappeler que les maisons Fcarnley et Nilson ont contribué, la première pour cinq mille, la seconde pour dix mille couronnes à l'achat d'un cuirassé qui portera le nom. de Navil·e des Dames. Les femmes norvégiennes ont mis, en effet,
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