La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

4GO LA 11E\'UE SOCI.\LISTE • Suivons le développement de cette seconde plaidoirie et voyons cc qu'elle yaut : Quand le capitalisme aura atteint son complet épanouissement, il y aura sécurité et bien-être pour le corps social, et c'est alor.;; seulement que la liberte humaine sera garantie par la liberte économique qui l'aura formée. Actuellement, la loi de l'offre et de la demande est faussée par l'ignorance ou l'impuissance d'une grande partie des contractants, la machine sociale s'use d perd de la force en frottements inutiles, l'agiotage est rendu possible précisément par ces conditions défectueuses, et les crises naissent de l'ignorance des besoins réels des consommateurs. Aujourd'hui le capitalisme embryonnaire est en état d'anarchie; demain le capitalisme organique sera un régime de liberté. Sur quoi se basent ces affirmations optimistes? Sur quatre faits principaux : la diminution du taux de l'interêt, le nombre sans cesse croissant des détenteurs d'actions et d'obligations, la disparition graduelle des intermédiaires inutiles,la régularisation du marché à mesure que, les statistiques aidant, les besoins sont mieux connus. De ces quatre faits, les troi:-;premiers sont exar,ts, mais ne prouvent rien en faveur du capitalisme. A. - Si nous examinons l'intérêt du capital, nous Yoyons sans pc-inc que sa diminution coïncide avec la formation capitaliste. Aux époques prirnitiYes, l'intérêt était de vingt et même trente pour cent. Cela (est-il besoin de le dire ?1, ù. cause des risques que courait le prêteur. Aujourd'hui que l'organisme capitaliste est constitué, l'intérêt a une tendance ù baisser, parce que la sécurité économique est plus grande. Mais fauL-il en conclure qu'il tombera à zero? Ce serait la clcstrnetion même du capitalisme. Que la sécurité économique soit cornpromise par une crise industrielle ou politique, et l'on voit aussitôt s'élever le taux de l'intérêt; mais là n'est pas le point : constatons-en la baisse graduelle au fur et à mesure que la sécurité générale s'accroît. Cette constatation peut-elle autoriser les partisans du capitalisme à dire qu'à mesure que s'abaisse l'intérêt le profit capitaliste s'amoindrit? Oseront-ils dire qu'en moyenne le p1·oflt capitaliste clans une opération industrielle ou commerciale est de trois et demi pour cent du capital engagé, en se basant sur ce quo tel est actuellement le taux de l'intérêt? Ne sait-on pas qu'entre le capitaliste et son capital engagé clans une opération industrielle ou commerciale il y a un intermédiaire à qui va le plus claii- du pi-oflt? Il sera parlé tout à l'heure de ~et intermédiaire et des moyens qu'il emploie pour parvenfr à être le maiti-e de la situation. B. - On comprend déjà qu'étant donné l'intermédiaire financier

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