LE DROIT ECO '0:VIIQUE 459 LE DROITÉCON0~1IQUE (S'tlite.) V LA TENDANCE DU CAPITALIS~IE I. - Les conséq'tlencesde la libel'té économiq'lle. Peut-on plaider les circonstances atténuantes en faveur d'un ordre économique qui produit les désordres physiques, politiques et moraux dont nous avons donné une trop rapide esquisse clans notre précédent article? Oui, car ce sont toujours les plus mauvaises causes qui trouvent les plus habiles avocats. On peut classer ces avocats en deux catégories: dans la première nous rangerons ceux pour qui les choses sont ainsi parce qu'elles ne peuvent être autrement, et qui poussent 'd'hypocrites gémissements sur la nécessité du mal dans le monde. Ces fatalistes à outrance nous offrent quelquefois le paradis comme compensation aux maux de l'existence terrestre ; quelquefois même ils en refusent l'accès au mauvais riche. Un point, c'est tout. Nous avons dit en temps voulu (1) ce que nous pensions de ce fatalisme si éloigné du déterminisme scientifique; nous avons montré quelle peut être l'action des sociétés sur leurs propres destinées, action d'autant plus grande que ces sociétés renferment un plus grand nombre de membres conscients, c'est-à-dire sont elles-mêmes plus conscientes. Plus habiles sont les avocats de la seconde catégorie: tout en étant aussi simplistes que les premiers, par leur manière d'envisager la formation des phénomènes sociaux; tout en les soumettant à des fatalités de choses d'où la mentalité humaine est presque absolum~nt exclue comme élément constitutif, ils ne nient pas l'évolution, ils ne considèrent pas comme définitif l'état actuel, ils ne préteadent pas non plus qu'il satisfasse complètement les besoins de l'humanité actuelle; mais, à leur sens, la forme capitaliste n'est encore qu'à l'état embryonnaire, elle n'a pas atteint son complet développement; · - de là les crises dont les adversaires du capitalisme le rendent injustement responsable. (l) Lois et principes du Droit social. (Revue socialiste, numéro d'août 1889)
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